Taser - La police municipale vous tient au courant !
Par libertaire le samedi, avril 26 2008, 08:59 - actualité - Lien permanent
Ces pistolets présentés comme non mortels sont pourtant dénoncés tant par le Comité contre la torture de l’ONU, le Comité de prévention de la torture du Conseil de l’Europe que par l’ensemble des ONG de défense des droits de l’Homme. Aujourd’hui, ils équipent plus de 3 600 policiers, gendarmes et gardiens de prison.
Après publication de ce décret en préparation, pas moins de 17.000 policiers municipaux seraient potentiellement en mesure d’administrer une décharge de 50 000 volts à tout contrevenant.
RAIDH (Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme)s’alarme de la mise à disposition de ce pistolet aux policiers les moins formés… et rappelle que tout s’oppose à cette décision :
1) Le Comité contre la Torture de l’ONU a tranché : dans son rapport sur le Portugal il s’inquiète que « l’usage de ces armes provoque une douleur aigue, constituant une forme de torture, et que dans certains cas, il peut même causer la mort, ainsi que l’ont révélé des études fiables et des faits récents survenus dans la pratique », recommandant le retrait de ces armes pour l’ensemble des forces de police du pays.
2) En France, une enquête sur l’usage du Taser X26 par la gendarmerie nationale a montré que dans 83% des cas, le Taser X26 est utilisé en dehors des conditions restrictives de légitime défense et d’état de nécessité, usages prioritairement envisagés par les procédures internes.
3) La Commission nationale de déontologie de la sécurité a déjà relevé deux cas manifestes d’usage disproportionné du Taser X26 en France par des personnels en théorie mieux formés que les policiers municipaux,
Enfin, on ne peut que regretter qu’aucune étude indépendante sur les effets du Taser X26 n’ait été diligentée en France par l’administration française, ce en dépit d’une quinzaine d’interpellations de parlementaires souhaitant réguler l’usage du Taser en France.
Par conséquent, RAIDH dénonce la modification imminente du décret Numéro 2000-276 du 24 mars 2000 qui vise à autoriser les policiers municipaux à être équipés de pistolets à impulsions électriques.
Ces arguments semblent pour autant peu peser par rapport au lobby commercial dont les autorités publiques font l’objet. On s’interroge notamment sur l’heureux hasard des calendriers entre publication imminente du décret et la présence programmée sur le territoire français du PDG de Taser International. Rappelons ici qu’après Amnesty International qui a gagné son procès, RAIDH fait également l’objet de poursuites par le distributeur ayant le monopole de la vente de ces armes en France…[1]
« A l’heure où la population se défie de sa police, alors que la rigueur guide les politiques publiques, c’est quand même rageant de voir que des responsables politiques font confiance au lobby commercial de vendeurs d’armes, chères en plus ! » s’indigne Julien Bayou, de RAIDH.
Aline
source: betapolitique.fr

Commentaires