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jeudi, avril 24 2008

Argentine : IMPA, la première usine récupérée, délogée

Le délogement a été impulsé par la réclamation d'une dette contractée par les anciens propriétaires de l'usine métallurgique. L'entreprise a été récupérée en 1998, à ce moment-là, la coopérative a pris en charge cinq millions de pesos de crédits pris par la gestion précédente. Ils ont payé une partie de ce montant mais il reste encore près d'un million et demi de pesos impayés. C'est à cause de cette dette que deux des créanciers ont demandé la faillite et la vente publique des biens. Les travailleurs affirment qu'ils étaient arrivés à un accord économique avec les demandeurs, mais le juge a malgré tout ordonné l'opératif qui les a expulsés. Il y aura une audience devant les tribunaux où ils réclameront qu'on les laisse retourner à l'usine.

Pablo Piñeyro est l'un des membres de l'usine récupérée qui campent devant l'entrée. « Nous sommes 90 personnes qui travaillons à IMPA. Vendredi, nous sommes arrivés à un accord avec deux des créanciers, nous leur avons même effectué un premier paiement de 19.500 pesos, mais le juge a donné des arguments administratifs pour le délogement, comme par exemple le fait d'avoir donné l'argent directement aux entreprises au lieu d'avoir effectué un dépôt judiciaire ». Piñeyro parle alors d'une motivation politique comme motif de la clôture.

IMPA a été un symbole des entreprises rouvertes par les travailleurs, ayant été pionnière dans le domaine. À la meilleure époque de sa gestion une fois récupérée, elle a ouvert un centre culturel qui offrait des pièces de théâtre et des ateliers de tout ce que l'on pouvait apprendre : photographie, acrobatie, bande dessinée, musique, histoire, entre autres. Elle a également été la première à monter un baccalauréat populaire pour adultes qui fonctionne toujours aujourd'hui dans un de siège de l'Université de Buenos Aires. Dans les dernières années, cependant, la coopérative a souffert de fortes divisions internes qui l'ont conduite à une situation de crise, au point que la fabrique a même été fermée transitoirement. Elle a changé plusieurs fois de conduction, la dernière en août de l'année dernière, lorsque le groupe de travailleurs qui contrôlaient initialement l'usine, mais qui avaient été déplacés, l'a à nouveau occupée. Eduardo Murúa est le représentant de ce secteur qui a aujourd'hui la majorité dans la coopérative.

L'usine a traversé les derniers cents ans d'histoire argentine. Elle a été fondée en 1910 par des entrepreneurs allemands ; Juan Domingo Perón l'a nationalisée en 1945 et Arturo Frondizi l'a transformée en coopérative en 1961. En 1998, après avoir été vidée pendant plusieurs années, elle a été fermée ; cette même année, cinquante de ses travailleurs ont commencé l'autogestion.

L'usine métallurgique se trouve dans le quartier d'Almagro, au coin des rues Querandíes et Pringles, où elle occupe presque un patté de maisons. C'est un immeuble énorme, de quatre étages et 22 mille mètres carrés. C'est ce qui l'a rendue la cible d'offensives immobilières ; il y a eu l'année dernière une proposition pour la mettre en vente, mais les investisseurs se sont heurtés au refus d'une partie des coopérativistes, dont ceux qui y travaillent depuis plus de 25 ans et qui ont vu l'usine mourir et renaître plusieurs fois.

L'opératif de délogement a été ordonné par le juge Victor Hugo Vitale, du tribunal en matière commerciale Nº4. Les créanciers qui ont présenté la demande de faillite sont une coopérative de crédits et une entreprise de peinture, ancienne fournisseuse de l'usine métallurgique. La fabrique travaillait actuellement à 40 pour cent de sa capacité, en produisant des tubes d'aluminium et des plateaux jetables. Selon Piñeyro, leurs problèmes économiques « sont de type financier, car nous avons beaucoup de demande de production ». La coopérative payait des salaires entre 1200 et 1500 pesos à ses quatre-vingt-dix associés.

Laura Vales, Página/12, jeudi 17 avril 2008

Les travailleurs de IMPA ont été réprimés

Vers 11 heures la police a commencé à réprimer les 200 personnes qui se trouvaient à l'entrée de l'usine récupérée IMPA. Près de 200 personnes accompagnaient les travailleurs pour analyser les mesures à prendre car la Justice a décidé mardi la clôture de l'usine. Le personnel du Commissariat 11, avec les effectifs de la Garde d'Infanterie ont tiré des balles en caoutchouc, des jets d'encre, propres aux chasses policières et il même un char à eau.

Après la persécution de la police, vers 13 heures, les travailleurs étaient encore dispersés dans les rues du quartier d'Almagro car la police interceptait ceux qui essayaient de retourner ver l'usine métallurgique. Seulement vers 14 heures plusieurs personnes ont pu se rassembler au coin des rues Pringles et Querandies en état d'assemblée permanente.

Il y a eu 20 blessés, deux d'entre eux ont été emmenés à un hôpital (on ne sait pas lequel) et 11 détenus, dont deux compagnes de IMPA mais on ne connaît pas l'identité du reste, même si les travailleurs croient qu'il s'agirait de membres d'autres organisations et se trouveraient au Commissariat 11.

Les travailleurs se sont réunis avec le juge Victor Hugo Vittali, et attendent qu'arrive l'avocat de droits de l'homme pour pouvoir commencer à les chercher.

Les travailleurs ont informé qu'ils continueront au coin des rues de l'usine avec d'autres entreprises récupérées et organisations sociales.

Les travailleurs de IMPA et l'Association Nationale de Travailleurs Autogestionnés (ANTA-CTA) ont convoqué à une concentration vendredi 18 avril à 15 heures face à l'entreprise récupérée IMPA pour soutenir les travailleurs dans leur lutte pour la récupération de leur source de travail.

ANRed, Jeudi 17 avril 2008 http://www.anred.org/article.php3?id_article=2546

18 travailleurs de l'usine MAFISSA détenus accusés de « contrainte aggravée »

Hier, a trois heures du matin, les ouvriers de MAFISSA qui se trouvaient à l'intérieur de l'usine textile pour se protéger de l'immense opération policière ont été finalement expulsé et emmenés à la Délégation Départementale d'Investigations. L'opération de délogement a été ordonné par le juge pénal César Melazo (Tribunal Nº2), avec près de 500 effectifs d'Infanterie, Chevalerie, Motos, Police scientifique, chars d'assauts, hélicoptères, pompiers, division de substances dangereuses, et le groupe spécial d'opération « halcon », d'après un communiqué du Parti des Travailleurs Socialiste régional de La Plata.

Après l'expulsion, Melazo s'est éloigné de l'affaire qui est passée aux mains du juge Guillermo Atencio et du procureur Ana Medina, qui ont changé le nom du dossier pour inculper les ouvriers détenus du délit de « contrainte aggravée avec dommage qualifié. » Le Centre de Professionnels pour les Droits de l'Hommes (CeProDH) a qualifié cela comme « une manœuvre scandaleuse, avec l'approbation du gouvernement de Scioli » et a déclaré que cette accusation « qui n'est fondée sur aucun éléments de preuve dans le dossier, pourrait représenter des peines de 10 ans d'emprisonnement ».

Les familles et compagnons des 18 travailleurs détenus étaient hier après-midi à la tête de la marche en raison des dix-neuf mois de la disparition de Julio López, et campent devant le Ministère Public de la Province (rue 7 entre/56 et 57), certains d'entre eux ont entamé une grève de la faim. Demain à 17hs il y aura une réunion Multisectorielle au Siège de l'Association des Travailleurs de l'État (Rue 8 entre 55 et 56), pour définir les pas à suivre. Les ouvriers ont convoqué « TOUTES les organisation de DDHH, syndicales, d'étudiants, sociales, ainsi que les députés, législateurs, personnalités, partis politiques, etc. »

Jeudi après-midi, avant la répression, les travailleurs se trouvaient dans l'usine pour réclamer l'application de la résolution rendue ce jour même par le juge Arias, du Tribunal Contentieux Administratif Nº1, qui ordonnait à l'entreprise l'immédiate application de la conciliation obligatoire, qui comprend la réincorporation de tous les licenciés, les suspendus et le paiement des salaires échus, avec une amende par jour de retard en cas d'inexécution. Malgré cette résolution, le juge en matière pénale César Melazo a ordonné le délogement. Les travailleurs ont réussi à résister aux premières avancées policières, produites jeudi à 17hs avec des balles en caoutchouc et des gaz. Ils se sont ensuite réfugiés au dernier étage de l'immeuble principal et pendant dix heurs ils ont refusé d'abandonner l'usine.

Environ 500 manifestants, parmi des ouvriers, étudiants et organisations comme l'Association des Travailleurs Argentins, la Fédération Universitaire de La Plata, se sont concentrés aux portes de l'usine pour répudier la répression. Il y a eu simultanément des coupures dans les rues du centre-ville. À la ville de Buenos Aires, des organismes de droits de l'homme et des groupes d'étudiants se sont concentrés immédiatement devant la Maison de la Province de Buenos Aires. À Neuquén, le Syndicat Céramiste et le syndicat d'enseignants (ATEN Capital) ont réalisé hier une action de répudiation sur les ponts qui relient cette ville avec celle de Cipolleti. Ont également exprimé leur solidarité par des communiqués de presse la Commission Interne de Teinturerie Pagoda, la Commission Interne Donnelley (ex Atlantida), les ouvriers de ZANON, la Junte Interne de délégués de ATE, les syndicats de INDEC, SUTNA San Fernando, SUTEBA, CTA, le Parti Ouvrier, le Frente Popular Darío Santillán, le MAS, El Militante et l'Association Mères de la Place de Mai.

Indymedia La Plata, Samedi 19 avril 2008-04-22

http://argentina.indymedia.org/features/laplata/ http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-102570-2008-04-17.html


Traduit par Eli. http://amerikenlutte.free.fr

source: indymédia paris idf


Appel Mai 1968 Ce n'est toujours qu'un début...

Ce n'est toujours qu'un début...

Un spectre hante les tenants de l'ordre établi  : le spectre de Mai 68. Toutes les puissances du vieux monde se sont unies en une sainte-alliance pour traquer ce spectre  : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre et consorts… Ne manque à l'appel aucun-e de celles et ceux qui n'ont comme seul horizon indépassable que le monde tel qu'il est, voire la fin de l'histoire.

Pour la France bien-pensante, Mai 68 est responsable de tout. Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à la faire frémir en agitant à nouveau le spectre. Il s'agit, selon lui, «  de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes  ». Dans cette liquidation seraient visés non seulement les droits syndicaux, le Smic et le salaire socialisé, mais aussi les avancées obtenues, entre autres par les luttes féministes.

Tel un ludion, le spectre de Mai 68 sort du placard tous les dix ans. C'est l'occasion des exorcismes et des oraisons funèbres, des enterrements de première classe et des cérémonies d'adieux, des célébrations compassées, des imprécations et des repentances de tous les ralliés.

Il est grand temps de se réapproprier Mai 68, les réalités derrière les mythes, le Mai des prolétaires (de la grève générale et des occupations), le Mai de la Commune étudiante, le Mai des murs qui prennent la parole, le Mai des barricades qui ferment la rue et ouvrent la voie, le Mai qui a pavé le chemin des libérations et des transformations sociales et sociétales arrachées au cours de la décennie suivante, le Mai qui a soufflé sur Berlin, Prague, Mexico ou Turin, soulevant l'espoir tout autant que la critique du monde réellement existant, des normes et des évidences.

Ce qui est advenu n'était pas le seul possible. Des retours critiques collectifs et discordants permettront de retrouver le sable chaud sous les grèves et les espérances, à la lumière d'une formidable expérience dont les traces marquent encore notre temps.

Des éditeurs, des revues, des journaux, des sites internet, des librairies, des instituts, des fondations, des lieux et des espaces culturels tentent d'interpréter le monde pour transformer l'ordre des choses.

Ils se sont réunis et proposent d'organiser ensemble, au printemps prochain, un «  Mai 68, ce n'est pas qu'un début, c'est une actualité urgente  ». C'est à cette fin qu'ils lancent cet appel, ici et au-delà des frontières.

Pour tout contact et signature : contact@mai-68.org

source: indymédia paris idf

mardi, avril 22 2008

Tv libertaire

lundi, avril 21 2008

pour une compréhension libertaire de 68

Mai 68 : défouloir ou révolution manquée ?

Ne laissons pas le monopole de l'interprétation de Mai 68 à Sarkozy, à Cohn-Bendit, aux renégats, aux mondains, aux réformistes qui veulent réduire cet événement à sa seule dimension parisienne-étudiante-culturelle.

Mai 68, ce fut la plus grande grève générale qu'ait connu la France, les usines et les facs occupées, des expériences autogestionnaires de masse, des barricades, un pouvoir d'Etat désorganisé, la bourgeoisie qui fait ses valises, les ministères désertés...

Ce fut aussi, a posteriori, le point de départ d'un vaste mouvement de révolution des moeurs, et d'un cycle de luttes d'émancipation féminine et homosexuelle.

Basta des images d'Epinal. Revenons sur les événements, comprenons-les.

Ce site propose un ensemble d'évènements organisés par Alternative Libertaire, la Coordination des Groupes Anarchistes, la Fédération Anarchiste, l'Organisation Communiste Libertaire et Offensive Libertaire et Sociale autour de Mai 68. http://www.mai68-libertaire.org


Edifiante défaite du centre-gauche en ITALIE...

Selon les leaders du PS la gauche doit s'allier au centre-droit ( Bayrou en France, Prodi en Italie ) pour faire une politique de préservation d'un minimum de "social" dans le contexte d'une inévitable victoire du patronnat néo-libéral...Donc la victoire de la gauche ne serait possible qu'en saupoudrant de charité chrétienne la globalisation financière...

Si cela était vrai la cohalition du centre-gauche italien n'aurait pas explosé en plein vol et l'abject Berlusconi, qui s'est même permis de conseiller la prostitution aux chômeuses, eût été vaincu ...

La bécasse puritaine du PS et les ânes batés qui lui servent de lieutenants ( Eyraud, Dray, Vals, Bouthik...etc...) ne peuvent pas tirrer cette leçon minimale de la défaite de leurs alter-égo italiens, cela n'étonnera personne...Mais que font les autres dirigeants et militants de ce parti qui prétend obtenir nos voix ?

Déficience intellectuelle ou crapulerie assumée et alliance objective avec la droite la plus réactionnaire ?

source: indymédia paris IDF

Photos des camps de retention administratifs de marseille


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source: indymédia paris IDF

le témoin-clé de l'enquête Hariri enlevé a Paris !

Le prétendu ancien officier des services secrets syriens, Mohamed Zuhair As-Siddik, témoin-clé des enquêteurs de l'ONU dans l'enquête sur l'assassinat du Premier ministre libanais Rafiq Hariri, a disparu depuis le 13 mars dernier, sans laisser la moindre trace. Il était logé dans une villa à Chatou (Yvelines), près de Paris et vivait sous surveillance du ministère français de l'Intérieur. Une source dans la police française a affirmé qu'il n'était plus, ces derniers temps, assigné à résidence ni sous le coup d'une mesure de surveillance judiciaire. Pour le journal libanais Ittijahat, cette disparition est un « scandale politique », notamment suite à la déclaration faite par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, à la télévision saoudienne Al Arabiya : « Je suis certain qu'As-Siddik a disparu et cela me chagrine ».

Mohamed As-Siddik a été arrêté en octobre 2005 à Paris suite à un mandat d'arrêt international émis contre lui dans le cadre de l'enquête sur l'attentat ayant coûté la vie à Rafiq Hariri. Il est soupçonné d'avoir participé à l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais. Il devait être extradé vers le Liban, mais cela ne s'est pas fait, la France refusant d'extrader un coupable vers un pays où il risque de se voir appliquer la peine de mort [1]. Depuis, As-Siddik était placé en résidence surveillée, étant donné qu'il était le témoin-clé de l'ex-procureur allemand Detlev Mehlis, qui a dirigé -de mai à décembre 2005- la commission d'enquête de l'ONU et qui a tenté d'établir la responsabilité de la Syrie dans cet attentat.

As-Siddik aurait « avoué » à Mehlis durant l'été 2005, avoir prêté son appartement de Chalda, dans la banlieue de Beyrouth, aux conspirateurs préparant l'assassinat de Hariri. Parmi les membres de cette conspiration, quatre gradés libanais de haut-rang qui croupissent aujourd'hui en prison, sur les conseils de Mehlis.

Un an plus tard, sur les ondes de la télévision saoudienne Al Arabiya, As-Siddik est allé encore plus loin dans ses accusations en affirmant que « le président syrien Bachar El-Assad et son homologue libanais, Emile Lahoud avaient personnellement donné l'ordre de liquider Hariri ». Il a affirmé qu'il avait vu « le véhicule [qui aurait transporté les explosifs] en train d'être préparé, dans un camp des services secrets syriens, à Zabadani dans la plaine de la Bekaa ». Il aurait également remis à Mehlis « des documents et des images ne laissant aucune place au doute ». « J'ai les négatifs sur moi, il y a beaucoup de choses qui vont être révélées ».

Les services secrets et les conspirateurs -pour des raisons de sécurité- travaillent selon le principe du « chacun en sait le moins possible ». Un projet professionnel d'assassinat est exécuté par des unités opérationnelles. Ces équipes agissent indépendamment les unes des autres : l'une fournit les explosifs, l'autre se charge du véhicule, une troisième surveille la victime, une autre encore brouille les pistes, etc. Les différents participants ne se connaissent pas. Le fait que Siddik « sache tout sur tout » aurait du mettre la puce à l'oreille de M. Mehlis, ou au moins de son adjoint, l'ex-premier commissaire de la police criminelle allemande, Gerhard Lehmann, du BKA, le meilleur enquêteur anti-terroriste, devenu célèbre lors de l'affaire du kidnapping de Khaled el-Masri par la CIA [2].

Il s'est rapidement avéré que les « déclarations sous serment » d'As-Siddik avaient été obtenues contre de l'argent. Ses frères ont déclaré avoir reçu un appel téléphonique de sa part, à l'automne 2005, depuis Paris, dans lequel il jubilait : « Je suis millionnaire ! ». Le gouvernement syrien avait depuis longtemps envoyé une documentation sur le personnage aux gouvernements occidentaux, dans l'espoir que Mehlis ne tomberait pas dans le piège. Puis, en octobre 2005, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel « révéla » ce que tout le monde au Moyen-Orient savait depuis longtemps : As-Siddik est un membre de la pègre, déjà condamné à plusieurs reprises dans des affaires criminelles et d'escroquerie. Même la commission d'enquête de l'ONU savait qu'As-Siddik leur avait menti : au début il avait affirmé avoir quitté Beyrouth un mois avant l'attentat contre Hariri, avant d'avouer, fin septembre 2005 sa participation directe à l'attentat.

Les doutes sur la crédibilité de Siddik se sont encore renforcés quand il s'est avéré qu'il avait été recommandé à la commission d'enquête de l'ONU par Rifaat Al-Assad, renégat syrien de longue date et oncle du président syrien actuel. Le « président syrien alternatif » en exil paya le billet d'avion d'As-Siddik pour l'Europe, où, selon Charles Ayoub, directeur du journal libanais Ad-Diyar, il reçut « une importante somme d'argent » de la part de Saad Hariri, fils de la victime, ainsi que de Walid Jumblatt, leader de la « Révolution des Cèdres ». Cette opération de corruption avait pour but d'obtenir qu'As-Siddik convainque Mehlis de la responsabilité de la Syrie dans l'attentat contre Hariri, contre les avis de la CIA et des services secrets saoudiens. Mehlis -qui manquait cruellement de preuves contre la Syrie-, aurait mordu à l'hameçon. Selon un diplomate français interrogé à l'époque, « Quand As-Siddik -qui n'était rien de plus que le chauffeur d'un général syrien- s'est mis à table, Mehlis n'avait pas grand chose comme cartes dans son jeu ».

Mercredi dernier, Imad As-Siddik, le frère du témoin clé, a formulé depuis Damas de lourdes accusations contre la France : « Les autorités françaises ont facilité sa disparition, peut être pour aider d'autres personnes à l'éliminer, ou alors ce sont eux qui l'ont éliminé ». Un autre frère du disparu, Omar As-Siddik, se dit persuadé que « à l'heure qu'il est Zuheir a été assassiné, afin d'en faire porter la responsabilité à la Syrie ». Pascale Andreani, porte-parole du Quai d'Orsay, s'empressa de démentir ces allégations. Même David Bellemare, responsable de la commission d'enquête de l'ONU depuis le début de l'année, était perplexe : « Je ne sais pas où il est. Il n'est pas sous notre protection et n'a jamais demandé à faire partie de notre programme de protection des témoins ».

Le lendemain jeudi, le journal koweitien As-Siassah publia une information fracassante : ils avaient pu s'entretenir au téléphone avec As-Siddik et il aurai déclaré « Je vis caché, dans un endroit tenu secret, près de la France et du Tribunal international, et je vais bien ». Selon ce journal -propriété de Saad Hariri- As-Siddik se cacherait par peur pour sa vie, n'ayant pu obtenir la moindre protection de la part de la commission d'enquête internationale ; malgré le fait qu'il ait envoyé plusieurs courriers au tribunal et informé la justice libanaise de trois tentatives d'assassinat. Dès que le tribunal commencerait ses travaux, il referait surface. Entre temps la famille As-Siddik a accusé le groupe politique libanais pro-occidental qui a « fabriqué » le témoignage d'As-Siddik, de l'avoir liquidé. Selon le quotidien libanais As-Safir, il importe peu de savoir si As-Siddik est caché en France, en Arabie saoudite, aux Émirats ou tout autre pays du Golfe. « Il est probable qu'il s'est réfugié auprès de ceux qui, il y a deux ans, ont organisé son voyage de Riad à Paris ». Une attaque directe contre le financier d'As-Siddik, Saad Hariri. Se pose également la question du rôle qu'entend jouer la France dans l'enquête sur l'assassinat d'Hariri, compte tenu du fait qu'elle ait laissé « disparaître » le témoin le plus important, dont le « témoignage » à fait jeter en prison quatre généraux libanais. Peut-être que le « vilain menteur » As-Siddiq va finir par refaire surface, probablement à proximité du lieu où scintillent les dollars, étant donné « qu'il était déjà obsédé par l'argent quand il tétait encore les seins de sa mère » a raconté une cousine du délinquant au journal allemand Neues Deutschland.

[1] Le tribunal de Versailles s'est opposé à l'extradition en l'absence de garantie qu'il n'encourrait pas la peine capitale. Cette garantie a été ultérieurement fournie par le président libanais Emile Lahoud, mais la Justice française n'a pas révisé sa position. Ndlr.

[2] Khaled el-Masri est un citoyen allemand. Du fait de son homonymie avec un leader supposé d'Al-Qaeda, il fut enlevé par la CIA lors de ses vacances en Macédoine et transféré en Afghanistan pour y être interrogé sous la torture. Libéré grâce aux interventions répétées de son pays, il a reconnu formellement le commissaire Gerhard Lehmann comme l'individu qui l'avait abordé en Macédoine pour l'enlever. Cependant, M. Lehman n'a pas été inculpé car ses collègues lui ont fourni un alibi. Ndlr.

source: indymédia paris IDF

OCCUPATION D'UN RESTAURANT EN SOUTIEN SANS PAPIER

Depuis 15 H. , ce dimanche 20 avril, le restaurant CHARLIE BIRDY, 124, rue de la Boêtie à PARIS (métro Franklin -roosevelt est occupé par des cuisiniers sans papiers , et des militants CNT , SUD et GISTI.

Coome pour les autres occupations, l'enjeu est d'occuper le restaurant jusqu'à obtention des papiers.DONC DE TENIR.

Il s'agit de plus d'un restaurant appartenant à une chaine de plus de vingt restaurants.

Toutes les bonnes volontés militantes sont les bienvenues pour s'outenir l'occupation et la diffusion de tracts dans les autres resto de la chaine ( DES 7H LUNDI MATIN, RDV au resto de la boëtie)

Syndicat du commerce CNT-RP

source: indymédia paris IDF

Résistance et Action Antifasciste

Il y a deux semaines était inaugurée la « vlaams huis » (maison flamande) gérée par les "identitaires"

Il est très grave que l'ouverture d'un tel lieu soit passée inaperçue.

Pourquoi ? Parce qu'au programme de cet endroit on a sport de combat, séances de cinéma, soirée, conférences, bibliothèque et... cours de néerlandais. Pour les "identitaires", le Nord serait en effet... flamand, et devrait être uniquement peuplé de personnes à la peau blanche ! ! !

C'est une insulte à la population du Nord, son histoire, sa culture.

Les "identitaires" forment un courant de l'extrême droite, particulièrement actif et dangereux, qui prône la division sous des prétextes de "couleur de peau" ou de "culture".

Ce sont eux qui se sont illustrés par des « soupes identitaires », c'est-à-dire des soupes au cochon distribuées au SDF à Nice, Paris ou Strasbourg. Le but de la manœuvre était de prendre les SDF en otage afin de prôner une "sélection" dans la solidarité, en pratiquant l'ostracisme contre les SDF de confession musulmane ou juive.

C'est la tactique anti-populaire de "diviser pour régner".

Les "identitaires" prônent la division et maintenant ils entendent appliquer leur programme à Lille, en étroite collaboration avec d'autres mouvements d'extrême-droite en France mais aussi en Belgique (comme le Vlaams Belang).

Stoppons-les. Il n'y a pas de place pour les identitaires, ni à Lille, ni nulle part ailleurs. Les valeurs populaires ne sont pas les valeurs avancées par ces partisans du fascisme...


Alors, organisons la résistance populaire et l'Action Antifasciste ! http://actionantifa.over-blog.org/

source: indymédia paris IDF

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source: indymédia paris idf

dimanche, avril 20 2008

Le communisme n'existe pas en russie.

Le communisme n’existe pas en Russie

(Article publié en anglais dans The American Mercury,vol.XXXIV, avril 1935, inédit en français.)

Traduit par Yves Coleman

Pour la revue "Ni patrie ni frontières", N°1 - Septembre-Octobre 2002.

BOLCHEVISME = COMMUNISME ?1

Le mot communisme est maintenant sur toutes les lèvres. Certains en parlent avec l’enthousiasme exagéré des néophytes, d’autres le craignent et le condamnent comme une menace sociale. Mais je suis presque sûre que ni ses admirateurs — la grande majorité d’entre eux — ni ceux qui le dénoncent n’ont une idée très claire de ce qu’est vraiment le «communisme» à la sauce bolchevik.

Si l’on veut en donner une définition très générale, le communisme représente un idéal d’égalité et de fraternité humaine: il considère l’exploitation de l’homme par l’homme comme la source de tout esclavage et de toute oppression. L’inégalité économique conduit à l’injustice sociale et est l’ennemie du progrès moral et intellectuel.

Le communisme vise à créer une société où les classes seront abolies, où sera instaurée la propriété commune des moyens de production et de distribution. L’homme ne pourra jouir de la liberté, de la paix et du bien-être que dans une communauté sans classes et solidaire.

Mon objectif initial, en écrivant cet article, était de comparer l’idéal communiste avec la façon dont il est appliqué en URSS, mais je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’une tâche impossible. En réalité, le communisme n’existe pas en Russie. Pas un seul principe communiste, pas un seul élément de ses enseignements n’est appliqué par le Parti communiste dans ce pays.

Aux yeux de certains, ma position semblera totalement absurde; d’autres penseront que j’exagère grossièrement. Cependant je suis sûre qu’un examen objectif de la situation russe actuelle convaincra le lecteur honnête que je dis la vérité.

Intéressons-nous d’abord à l’idée fondamentale qui sous-tend le prétendu «communisme» des bolcheviks. Leur idéologie ouvertement centraliste, autoritaire, est fondée presque exclusivement sur la coercition et la violence étatiques. Loin d’être fondé sur la libre association, il s’agit d’un communisme étatique obligatoire. On doit garder cela en mémoire si l’on veut comprendre la méthode utilisée par l’État soviétique pour appliquer ses projets et leur donner un petit air «communiste».

NATIONALISATION OU  SOCIALISATION ?

La première condition pour que se réalise le communisme est la socialisation des terres, des outils de production et de la distribution. On socialise la terre et les machines, pour qu’elles soient utilisées par des individus ou des groupes, en fonction de leurs besoins. En Russie, la terre et les moyens de production ne sont pas socialisés mais nationalisés.Le terme de nationalisation est trompeur, car ce mot n’a aucun contenu. En réalité, la richesse nationale n’existe pas. La «nation» est une entité trop abstraite pour «posséder» quoi que ce soit. Soit la propriété est individuelle, soit elle est partagée par un groupe d’individus; elle repose toujours sur une réalité quantitativement définissable.

Lorsqu’un bien n’appartient ni à un individu, ni à un groupe, il est ou nationalisé ou socialisé. S’il est nationalisé, il appartient à l’État; en clair, le gouvernement en a le contrôle et peut en disposer selon son bon plaisir. Mais si un bien est socialisé, chaque individu y a librement accès et peut l’utiliser sans l’ingérence de qui que ce soit.

En Russie, ni la terre, ni la production, ni la distribution ne sont socialisées. Tout est nationalisé et appartient au gouvernement, exactement comme la Poste aux États-Unis ou les chemins de fer en Allemagne ou dans d’autres pays européens. Ce statut n’a absolument rien de communiste.

La structure économique de l’URSS n’est pas plus communiste que la terre ou les moyens de production. Toutes les sources d’existence sont la propriété du gouvernement central; celui-ci dispose du monopole absolu du commerce extérieur; les imprimeries lui appartiennent: chaque livre, chaque feuille de papier imprimé est une publication officielle. En clair, le pays et tout ce qu’il contient sont la propriété de l’État, comme cela se passait auparavant, au temps des tsars. Les quelques biens qui ne sont pas nationalisés, comme certaines vieilles maisons délabrées à Moscou, par exemple, ou de petits magasins miteux disposant d’un misérable stock de cosmétiques, sont uniquement tolérés : à tout moment le gouvernement peut exercer son droit indiscuté à s’en saisir par simple décret.

Une telle situation relève du capitalisme d’État, mais il serait extravagant d’y déceler quoi que ce soit de communiste.

PRODUCTION ET CONSOMMATION

Tournons-nous maintenant vers la production et la consommation, leviers de toute existence. Peut-être y dénicherons-nous une dose de communisme qui justifierait que nous utilisions le terme «communiste» pour décrire la vie en URSS, du moins à une certaine échelle.

J’ai déjà fait remarquer que la terre et les outils de production sont propriété de l’État. Les méthodes de production et les quantités qui doivent être produites par chaque industrie dans chaque atelier, chaque fabrique, chaque usine, sont déterminées par l’État, par le gouvernement central — qui siège à Moscou — à travers ses différents organes.

L’URSS est un pays très étendu qui couvre environ un sixième de la surface de la Terre. Abritant une population composite de 165 millions d’habitants, elle comporte plusieurs grandes Républiques, différentes ethnies et nationalités, et chaque région a ses besoins et intérêts particuliers. Certes, la planification industrielle et économique a une importance vitale pour le bien-être d’une communauté.

Le véritable communisme — l’égalité économique entre les hommes et entre les communautés — exige que chaque communauté organise la planification la meilleure et la plus efficace, en se fondant sur ses nécessités et possibilités locales. Une telle planification repose sur la liberté complète de chaque communauté de produire et de disposer de ses produits selon ses besoins, besoins qu’elle doit fixer elle-même : chaque communauté doit échanger son surplus avec d’autres communautés indépendantes sans que nulle autorité externe n’intervienne.

Telle est la nature fondamentale du communisme sur le plan politique et économique. Cela ne peut pas fonctionner ni être possible sur d’autres bases. Le communisme est nécessairement libertaire. Anarchiste.

On ne décèle pas la moindre trace d’un tel communisme — du moindre communisme — en Russie soviétique. En fait, la seule allusion à une telle organisation est considérée comme un crime là-bas, et toute tentative de la mettre en pratique serait punie de mort.

La planification industrielle, ainsi que tous les processus de production et de distribution, se trouve entre les mains du gouvernement central. Le Conseil économique suprême est uniquement soumis à l’autorité du Parti communiste.

Il est totalement indépendant de la volonté ou des souhaits des gens qui forment l’Union des républiques socialistes soviétiques. Son travail est conditionné par les politiques et les décisions du Kremlin. C’est pourquoi la Russie soviétique a exporté d’énormes quantités de blé et d’autres céréales tandis que de vastes régions dans le sud et le sud-est de la Russie étaient frappées par la famine, au point que plus de deux millions de personnes sont mortes de faim en 1932 et 1933.

La «raison d’État » est entièrement responsable de cette situation. Cette expression a toujours servi à masquer la tyrannie, l’exploitation et la détermination des dirigeants à prolonger et perpétuer leur domination.

En passant, je signalerai que, malgré la famine qui a affecté tout le pays et le manque des ressources les plus élémentaires pour vivre en Russie, le premier plan quinquennal visait uniquement  à développer l’industrie lourde, industrie qui sert ou peut servir à des objectifs militaires.

Il en est de même pour la distribution et toutes les autres formes d’activité. Non seulement les bourgs et les villes, mais toutes les parties constitutives de l’Union soviétique sont privées d’existence indépendante. Puisqu’elles ne sont que de simples vassales de Moscou, leurs activités économiques, sociales et culturelles sont conçues, planifiées et sévèrement contrôlées par la «dictature du prolétariat» à Moscou. Pire: la vie de chaque localité, et même de chaque individu, dans les prétendues républiques «socialistes» est gérée dans le moindre détail par la «ligne générale» fixée par le «centre». En d’autres termes, par le Comité central et le Bureau politique du Parti, tous deux contrôlés d’une main de fer par un seul homme. Comment certains peuvent appeler communisme cette dictature, cette autocratie plus puissante et plus absolue que celle de n’importe quel tsar, cela dépasse mon imagination.

LA VIE QUOTIDIENNE EN URSS

Examinons maintenant comment le «communisme» bolchevik influence la vie des masses et de l’individu.

Certains naïfs croient qu’au moins quelques caractéristiques du communisme ont été introduites dans la vie du peuple russe. Je souhaiterais que cela fût vrai, car ce serait un gage d’espoir, la promesse d’un développement potentiel dans cette direction. Malheureusement, dans aucun des aspects de la vie soviétique, ni dans les relations sociales ni dans les relations individuelles, on n’a jamais tenté d’appliquer les principes communistes sous une forme ou sous une autre. Comme je l’ai souligné auparavant, le fait même de suggérer que le communisme puisse être libre et volontaire est tabou en Russie. Une telle conception est considérée comme contre-révolutionnaire et relève de la haute trahison contre l’infaillible Staline et le sacro-saint Parti «communiste».

Mettons de côté, un instant, le communisme libertaire, anarchiste. On ne trouve même pas la moindre trace, dans la Russie soviétique, d’une manifestation quelconque de communisme d’État, fût-ce sous une forme autoritaire, comme le révèle l’observation des faits de la vie quotidienne dans ce pays.

L’essence du communisme, même de type coercitif, est l’absence de classes sociales. L’introduction de l’égalité économique constitue la première étape. Telle a été la base de toutes les philosophies communistes, même si elles diffèrent entre elles sur d’autres aspects. Leur objectif commun  était d’assurer la justice sociale;  toutes affirmaient qu’on ne pouvait parvenir à la justice sociale sans établir l’égalité économique. Même Platon, qui prévoyait l’existence de différentes catégories intellectuelles et morales dans sa République, s’était prononcé en faveur de l’égalité économique absolue, car les classes dirigeantes ne devaient pas y jouir de droits ou de privilèges plus importants que ceux situés en bas de l’échelle sociale.

La Russie soviétique représente le cas exactement opposé. Le bolchevisme n’a pas aboli les classes en Russie: il a seulement inversé leurs relations antérieures. En fait, il a même aggravé les divisions sociales qui existaient avant la Révolution.

RATIONS ET PRIVILÈGES

Lorsque je suis retournée en Russie en janvier 1920, j’ai découvert d’innombrables catégories économiques, fondées sur les rations alimentaires distribuées par le gouvernement. Le marin recevait la meilleure ration, supérieure en qualité, en quantité et en variété à la nourriture que mangeait le reste de la population. C’était l’aristocrate de la Révolution ; sur le plan économique et social, tous considéraient qu’il appartenait aux nouvelles classes privilégiées. Derrière lui venait le soldat, l’homme de l’Armée Rouge, qui recevait une ration bien moindre, et moins de pain. Après le soldat on trouvait l’ouvrier travaillant dans les industries d’armement; puis les autres ouvriers, eux-mêmes divisés en ouvriers qualifiés, artisans, manœuvres, etc.

Chaque catégorie recevait un peu moins de pain, de matières grasses, de sucre, de tabac et des autres produits (lorsqu’il y en avait). Les membres de l’ancienne bourgeoisie, classe officiellement abolie et expropriée, appartenaient à la dernière catégorie économique et ne recevaient pratiquement rien. La plupart d’entre eux ne pouvaient avoir ni travail ni logement, et personne ne se souciait de la façon dont ils allaient survivre, sans se mettre à voler ou à rejoindre les armées contre-révolutionnaires ou les bandes de pillards.

Le possesseur d’une carte rouge, membre du Parti communiste, occupait une place située au-dessus de tous ceux que je viens de mentionner. Il bénéficiait d’une ration spéciale, pouvait manger dans la stolovaya(cantine) du Parti et avait le droit, surtout s’il était recommandé par un responsable plus élevé, à des sous-vêtements chauds, des bottes en cuir, un manteau de fourrure ou d’autres articles de valeur. Les bolcheviks les plus éminents disposaient de leurs propres restaurants, auxquelles les militants de base n’avaient pas accès. A Smolny, qui abritait alors le quartier général du gouvernement de Petrograd, il existait deux restaurants, une pour les communistes les mieux placés, une autre pour les bolcheviks moins importants. Zinoviev, alors président du soviet de Petrograd et véritable autocrate du District du Nord, ainsi que d’autres membres du gouvernement prenaient leurs repas chez eux, à l’Astoria, autrefois le meilleur hôtel de la ville, devenu la première Maison du Soviet, où ils vivaient avec leurs familles.

Plus tard je constatai une situation identique à Moscou, Kharkov, Kiev, Odessa — dans toute la Russie soviétique.

Voilà ce qu’était le «communisme» bolchevik. Ce système eut des conséquences désastreuses: il suscita l’insatisfaction, le ressentiment et l’hostilité dans tout le pays; il provoqua des sabotages dans les usines et les campagnes, des grèves et des révoltes incessantes. «L’homme ne vit pas que de pain», paraît-il. C’est vrai, mais il meurt s’il n’a rien à manger. Pour l’homme de la rue, pour les masses russes qui avaient versé leur sang en espérant libérer leur pays, le système différencié de rations symbolisait le nouveau régime. Le bolchevisme représentait pour eux un énorme mensonge, car il n’avait pas tenu sa promesse d’instaurer la liberté ; en effet,  pour eux la liberté signifiait la justice sociale et l’égalité économique. L’instinct des masses les trompe rarement ; dans ce cas il s’avéra prophétique. Pourquoi s’étonner par conséquent que l’enthousiasme général pour la révolution se soit rapidement transformé en déception et amertume, hostilité et haine? Combien de fois des ouvriers russes se sont plaints à moi: «Cela nous est égal de travailler dur et d’avoir faim. C’est l’injustice qui nous révolte. Si un pays est pauvre, s’il y a peu de pain, alors partageons entre tous le peu qu’il y a, mais partageons-le de façon équitable. Actuellement, la situation est la même qu’avant la révolution ; certains reçoivent beaucoup, d’autres moins, et d’autres rien du tout.»

L’inégalité et les privilèges créés par les bolcheviks ont rapidement eu des conséquences inévitables: ce système a approfondi les antagonismes sociaux ; il a éloigné les masses de la Révolution, paralysé leur intérêt pour elle, étouffé leurs énergies et contribué à anéantir tous les projets révolutionnaires.

Ce système inégalitaire fondé sur des privilèges s’est renforcé, perfectionné et sévit encore aujourd’hui.

La révolution russe était, au sens le plus profond, un bouleversement social : sa tendance fondamentale était libertaire, son but essentiel l’égalité économique et sociale. Bien avant la révolution d’octobre-novembre 1917, le prolétariat urbain avait commencé à s’emparer des ateliers, des fabriques et des usines, pendant que les paysans expropriaient les grandes propriétés et cultivaient les terres en commun. Le développement continu de la révolution dans une direction communiste dépendait de l’unité des forces révolutionnaires et de l’initiative directe, créatrice, des masses laborieuses. Le peuple était enthousiasmé par les grands objectifs qu’il avait devant lui ; il s’appliquait passionnément, énergiquement, à reconstruire une nouvelle société. En effet, seuls ceux qui avaient été exploités pendant des siècles étaient capables de trouver librement le chemin vers une société nouvelle, régénérée.

Mais les dogmes bolcheviks et l’étatisme «communiste» ont constitué un obstacle fatal aux activités créatrices du peuple. La caractéristique fondamentale de la psychologie bolchevik était sa méfiance envers les masses. Les théories marxistes, qui voulaient exclusivement concentrer le pouvoir entre les mains du Parti, aboutirent rapidement à la disparition de toute collaboration entre les révolutionnaires, à l’élimination brutale et arbitraire des autres partis et mouvements politiques. La politique  bolchevique aboutit à éliminer le moindre signe de mécontentement, à étouffer les critiques et les opinions indépendantes, ainsi qu’à écraser les efforts ou initiatives populaires. La centralisation de tous les moyens de production entre les mains de la dictature communiste handicapa les activités économiques et industrielles du pays. Les masses ne purent façonner la politique de la Révolution, ni prendre part à l’administration de leurs propres affaires. Les syndicats étaient étatisés et se contentaient de transmettre les ordres du gouvernement. Les coopératives populaires — instrument essentiel de la solidarité active et de l’entraide entre villes et campagnes — ont été liquidées,  les soviets de paysans et d’ouvriers vidés de leur contenu et transformés en comités de béni-oui-oui. Le gouvernement s’est mis à contrôler tous les domaines de la vie sociale. On a créé une machine bureaucratique inefficace, corrompue et brutale. En s’éloignant du peuple, la révolution s’est condamnée à mort ; et au-dessus de tous planait le redoutable glaive de la terreur bolchevik.

Tel était le communisme des «bolcheviks» au cours des premières étapes de la révolution. Chacun sait qu’il provoqua la paralysie complète de l’industrie, de l’agriculture et des transports. C’était la période du «communisme de guerre», de la conscription paysanne et ouvrière, de la destruction totale des villages paysans par l’artillerie bolchevik — toutes ces mesures sociales et économiques qui ont abouti à la terrible famine de 1921.

QU’EST-CE QUI A CHANGE DEPUIS 1921?

Qu’en est-il aujourd’hui? Le «communisme» a-t-il changé de nature ? Est-il véritablement différent du «communisme» de 1921 ? A mon grand regret je suis obligée d’affirmer que, malgré toutes les décisions politiques et les mesures économiques bruyamment annoncées, le bolchevisme «communiste» est fondamentalement le même qu’en 1921.

Aujourd’hui la paysannerie, dans la Russie soviétique, est entièrement dépossédée de sa terre. Les sovkhozes sont des fermes gouvernementales sur lesquelles les paysans travaillent en échange d’un salaire, exactement comme l’ouvrier dans une usine. Les bolcheviks appellent cela «l’industrialisation» de l’agriculture, la «transformation du paysan en prolétaire». Dans le kolkhoze, la terre n’appartient que nominalement au village. En fait, elle est la propriété de l’Etat. Celui-ci peut à tout moment — et il le fait souvent — réquisitionner les membres du kolkhoze et leur ordonner de partir travailler dans d’autres régions ou les exiler dans de lointains villages parce qu’ils n’ont pas obéi à ses ordres. Les kolkhozes sont gérés collectivement mais le contrôle gouvernemental est tel que la terre a été en fait expropriée par l’État. Celui-ci fixe les impôts qu’il veut; il décide du prix des céréales ou des autres produits qu’il achète. Ni le paysan individuel ni le village soviétique n’ont leur mot à dire. Imposant de nombreux prélèvements et emprunts étatiques obligatoires, le gouvernement s’approprie les produits des kolkhozes. Il s’arroge également le droit, en invoquant des délits réels ou supposés, de les punir en réquisitionnant toutes leurs céréales.

On s’accorde à dire que la terrible famine de 1921 a été provoquée surtout par la razverstka,l’expropriation brutale en vogue à l’époque. C’est à cause de cette famine, et de la révolte qui en résulta, que Lénine décida d’introduire la Nep — la Nouvelle politique économique — qui limita les expropriations menées par l’État et permit aux paysans de disposer de certains de leurs surplus pour leur propre usage. La Nep améliora immédiatement les conditions économiques dans le pays. La famine de 1932-1933 fut déclenchée par des méthodes «communistes» semblables : la volonté d’imposer la collectivisation.

On retrouva la même situation qu’en 1921, ce qui força Staline à réviser un peu sa politique. Il comprit que le bien-être d’un pays, surtout à dominante agraire comme la Russie, dépend principalement de la paysannerie. Le slogan fut lancé : il fallait donner au paysan la possibilité d’accéder à un «bien-être» plus grand. Cette «nouvelle» politique n’est qu’une astuce, un répit temporaire pour le paysan. Elle n’est pas plus communiste que la précédente politique agricole. Depuis le début de la dictature bolchevik, l’État n’a fait que poursuivre l’expropriation, avec plus ou moins d’intensité, mais toujours de la même manière ; il dépouille la paysannerie en édictant des lois répressives, en employant la violence, en multipliant chicaneries et représailles, en édictant toutes sortes d’interdictions, exactement comme aux pires jours du tsarisme et de la première guerre. La politique actuelle n’est qu’une variante du «communisme de guerre» de 1920-1921 — avec de plus en plus de «guerre» (de répression armée) et de moins en moins de «communisme». Son «égalité» est celle d’un pénitencier; sa «liberté» celle d’un groupe de forçats enchaînés. Pas étonnant que les bolcheviks affirment que la liberté est un préjugé bourgeois.

Les thuriféraires de l’Union soviétique insistent sur le fait que le «communisme de guerre» était justifié au début de la Révolution, à l’époque du blocus et des fronts militaires. Mais plus de seize années ont passé. Il n’y a plus ni blocus, ni combats sur les fronts, ni contre-révolution menaçante. Tous les grands États du monde ont reconnu l’URSS.  Le gouvernement soviétique insiste sur sa bonne volonté envers les États bourgeois, sollicite leur coopération et commerce beaucoup avec eux. Il entretient même des relations amicales avec Mussolini et Hitler, ces fameux champions de la liberté. Il aide le capitalisme à faire face à ses tempêtes économiques en achetant des millions de dollars de marchandises et en lui ouvrant de nouveaux marchés.

Voici donc, dans les grandes lignes, ce que la Russie soviétique a accompli durant les dix-sept années qui ont suivi la révolution. Mais en ce qui concerne le communisme proprement dit, le gouvernement bolchevik suit exactement la même politique qu’auparavant. Il a effectué quelques changements politiques et économiques superficiels, mais fondamentalement il s’agit toujours du même État, fondé sur le même principe de violence et de coercition et qui emploie les mêmes méthodes de terreur et de contrainte que pendant la période 1920-1921.

LA MULTIPLICATION DES CLASSES

Il existe davantage de classes en Russie soviétique aujourd’hui qu’en 1917, et que dans la plupart des autres pays. Les bolcheviks ont créé une vaste bureaucratie soviétique qui jouit de privilèges spéciaux et d’une autorité quasiment illimitée sur les masses ouvrières et paysannes. Cette bureaucratie est elle-même commandée par une classe encore plus privilégiée de «camarades responsables» — la nouvelle aristocratie soviétique.

La classe ouvrière est divisée et sub-divisée en une multitude de catégories: les oudarniki(les troupes de choc des travailleurs, à qui l’on accorde différents privilèges), les «spécialistes», les artisans, les simples ouvriers et les manœuvres. Il y a les «cellules» d’usines, les comités d’usines, les pionniers, les komsomols, les membres du Parti, qui tous jouissent d’avantages matériels et d’une parcelle d’autorité.

Il existe aussi la vaste classe des lishenti,les personnes privées de droits civiques, dont la plupart n’ont pas la possibilité de travailler, ni le droit de vivre dans certains endroits : elles sont pratiquement privées de tout moyen d’existence. Le fameux «carnet» de l’époque tsariste, qui interdisait aux juifs de vivre dans certaines régions du pays, a été réinstauré pour toute la population grâce à la création du nouveau passeport soviétique.

Au-dessus de toutes ces classes, règne la Guépéou, institution redoutée, secrète, puissante et arbitraire, véritable gouvernement à l’intérieur du gouvernement. La Guépéou à son tour possède ses propres catégories sociales. Elle a ses forces armées, ses établissements commerciaux et industriels, ses lois et ses règlements, et dispose d’une vaste armée d’esclaves : la population pénitentiaire. Même dans les prisons et les camps de concentration, on trouve différentes classes bénéficiant de privilèges spéciaux.

Dans l’industrie règne le même genre de communisme que dans l’agriculture. Un système Taylor soviétisé fonctionne dans toute la Russie, combinant des normes de qualité très basses et le travail à la pièce — système le plus intensif d’exploitation et de dégradation humaine, et qui suscite d’innombrables différences de salaires et de rémunérations.

Les paiements se font en argent, en rations, en réductions sur les charges (loyers, électricité, etc.), sans parler des primes et des récompenses spéciales pour les oudarniki.En clair, c’est le salariatqui fonctionne en Russie.

Ai-je besoin d’ajouter qu’un système économique fondé sur le salariat ne peut avoir le moindre lien avec le communisme et en est l’antithèse absolue?

UNE DICTATURE DE PLUS EN PLUS IMPITOYABLE

Telles sont les principales caractéristiques du système soviétique actuel. Il faut faire preuve d’une naïveté impardonnable, ou d’une hypocrisie encore plus inexcusable, pour prétendre, comme le font les zélateurs du bolchevisme, que le travail forcé en Russie démontre les capacités «d’auto-organisation des masses dans le domaine de la production».

Étrangement, j’ai rencontré des individus apparemment intelligents qui prétendent que, grâce à de telles méthodes, les bolcheviks «sont en train de construire le communisme». Apparemment certains croient que construire une nouvelle société consiste à détruire brutalement, physiquement et moralement, les plus hautes valeurs de l’humanité. D’autres prétendent que la route de la liberté et de la coopération passe par l’esclavage des ouvriers et l’élimination des intellectuels. Selon eux, distiller le poison de la haine et de l’envie, instaurer un système généralisé d’espionnage et de terreur, constitue la meilleure façon pour l’humanité de se préparer à l’esprit fraternel du communisme !

Je suis évidemment en total désaccord avec ces conceptions. Rien n’est plus pernicieux que d’avilir un être humain et d’en faire le rouage d’une machine sans âme, de le transformer en serf, en espion ou en victime de cet espion. Rien n’est plus corrupteur que l’esclavage et le despotisme.

L’absolutisme politique et la dictature ont de nombreux points communs : les moyens et les méthodes utilisés pour atteindre un but donné finissent par devenir l’objectif. L’idéal du communisme, du socialisme, a cessé depuis longtemps d’inspirer les chefs bolcheviks. Le pouvoir et le renforcement du pouvoir sont devenus leur seul but. Mais la soumission abjecte, l’exploitation et l’avilissement des hommes ont transformé la mentalité du peuple.

La nouvelle génération est le produit des principes et méthodes bolcheviks, le résultat de seize années de propagation d’opinions officielles, seules opinions permises dans ce pays. Ayant grandi dans un régime où toutes les idées et les valeurs sont édictées et contrôlées par l’État, la jeunesse soviétique sait peu de choses sur la Russie elle-même, et encore moins sur les autres pays. Cette jeunesse compte de nombreux fanatiques aveugles, à l’esprit étroit et intolérant, elle est privée de toute perception morale, dépourvue du sens de la justice et du droit. A cet élément vient s’ajouter l’influence de la vaste classe des carriéristes, des arrivistes et des égoïstes éduqués dans le dogme bolchevik : «La fin justifie les moyens.» Néanmoins il existe des exceptions dans les rangs de la jeunesse russe. Un bon nombre d’entre eux sont profondément sincères, héroïques et idéalistes. Ils voient et sentent la force des idéaux que revendique bruyamment le Parti. Ils se rendent compte que les masses ont été trahies. Ils souffrent profondément du cynisme et du mépris que le Parti prône envers toute émotion humaine. La présence des komsomols dans les prisons politiques soviétiques, les camps de concentration et l’exil, et les risques incroyables que certains d’entre eux prennent pour s’enfuir de ce pays prouvent que la jeune génération n’est pas seulement composée d’individus serviles ou craintifs. Non, toute la jeunesse russe n’a pas été transformée en pantins, en fanatiques, ou en adorateurs du trône de Staline et du mausolée de Lénine.

La dictature est devenue une nécessité absolue pour la survie du régime. Car là où règnent un système de classes et l’inégalité sociale, l’État doit recourir à la force et à la répression. La brutalité d’un tel régime est toujours proportionnelle à l’amertume et au ressentiment qu’éprouvent les masses. La terreur étatique est plus forte en Russie soviétique que dans n’importe quel pays du monde civilisé actuel, parce que Staline doit vaincre et réduire en esclavage une centaine de millions de paysans entêtés. C’est parce que le peuple hait le régime que le sabotage industriel est aussi développé en Russie, que les transports sont aussi désorganisés après plus de seize années de gestion pratiquement militarisée ; on ne peut expliquer autrement la terrible famine dans le Sud et le Sud-Est, en dépit des conditions naturelles favorables, malgré les mesures les plus sévères prises pour obliger les paysans à semer et récolter, et malgré l’extermination et la déportation de plus d’un million de paysans dans les camps de travail forcé.

La dictature bolchevik incarne une forme d’absolutisme qui doit sans cesse se durcir pour survivre, qui supprime toute opinion indépendante et toute critique dans le Parti, à l’intérieur même de ses cercles les plus élevés et les plus fermés. Il est significatif, par exemple, que les bolcheviks et leurs agents, stipendiés ou bénévoles, ne cessent d’assurer au reste du monde que «tout va bien en Russie soviétique» et que «la situation s’améliore constamment». Ce type de discours est aussi crédible que les propos pacifistes que tient Hitler, alors qu’il accroît frénétiquement sa force militaire.

PRISE D’OTAGES ET PATRIOTISME

Loin de s’adoucir, la dictature est chaque jour plus impitoyable. Le dernier décret contre les prétendus contre-révolutionnaires, ou les traîtres à l’État soviétique, devrait convaincre même certains des plus ardents thuriféraires des miracles accomplis en Russie. Ce décret renforce les lois déjà existantes contre toute personne qui ne peut pas, ou ne veut pas, respecter l’infaillibilité de la Sainte Trinité — Marx-Lénine-Staline. Et les effets de ce décret sont encore plus drastiques et cruels contre toute personne jugée coupable. Certes, la prise d’otages n’est pas une nouveauté en Union soviétique.  On la pratiquait déjà lorsque je suis revenue vivre pendant deux ans en URSS. Pierre Kropotkine et Vera Figner ont protesté en vain contre cette tache noire sur l’écusson de la révolution russe. Maintenant, au bout de dix-sept années de domination bolchevik, le pouvoir a jugé nécessaire d’édicter un nouveau décret. Non seulement, il renoue avec la pratique de la prise d’otages, mais il punit cruellement tout adulte appartenant à la famille du criminel — supposé ou réel. Voici comment le nouveau décret définit la trahison envers l’État : «tout acte commis par un citoyen de l’URSS et qui nuit aux forces armées de l’URSS, à l’indépendance ou à l’inviolabilité du territoire, tel que l’espionnage, la trahison de secrets militaires ou de secrets d’État, le passage à l’ennemi, la fuite ou le départ en avion vers un pays étranger».

Les traîtres ont bien sûr toujours été fusillés. Ce qui rend ce nouveau décret encore plus terrifiant c’est la cruelle punition qu’il exige pour tout individu vivant avec la malheureuse victime ou qui lui apporte de l’aide, que le «complice» soit au courant du délit ou en ignore l’existence. Il peut être emprisonné, exilé, ou même fusillé, perdre ses droits civiques, et être dépossédé de tout ce qu’il a. En d’autres termes, ce nouveau décret institutionnalise une prime pour tous les informateurs qui, afin de sauver leur propre peau, collaboreront avec la Guépéou pour se faire bien voir et dénonceront aux hommes de main de l’État russe l’infortuné parent qui a offensé les Soviets.

Ce nouveau décret devrait définitivement balayer tout doute subsistant encore à propos de l’existence du communisme en Russie. Ce texte juridique ne prétend même plus défendre l’internationalisme et les intérêts du prolétariat. Le vieil hymne internationaliste s’est maintenant transformé en une chanson païenne qui vante la patrie et que la presse soviétique servile encense bruyamment: « La défense de la Patrie est la loi suprême de la vie, et celui qui élève la main contre elle, qui la trahit, doit être éliminé.»

Il est désormais évident que la Russie soviétique est, sur le plan politique, un régime de despotisme absolu et, sur le plan économique, la forme la plus grossière du capitalisme d’État.

Emma Goldman

Économie : le salariat & ses conséquences

"Usines à la campagne", "small is beautiful", "P.M.E. à visage humain", durant les dernières décennies, les promoteurs du libéralisme nous affirmaient que le monde économique serait composé de petites unités décentralisées et conviviales. Mensonge et imposture, nous sommes en fait dans une étape historique qui est le contraire des discours lénifiants. Nous sommes entrés dans une période d'accélération des fusions, des rachats, des absorptions. Les mêmes promoteurs du libéralisme qualifient cela de globalisation nécessaire pour faire face à la compétition économique internationale. Cette globalisation est largement entamée pour la construction et le transport aérien, l'industrie pharmaceutique, l'informatique, les produits bancaires ... et demain, même chose pour l'automobile, les télécommunications... etc. Le capitalisme est en train de constituer des conglomérats universels qui n'ont rien à envier aux anciens combinats des temps anciens du capitalisme sauvage ou d'Etat La compétition va être féroce. Que pèseront les fournisseurs de travail, c'est-à-dire les salariés, c'est-à-dire nous ? Peu de chose, ou plus exactement un paramètre, une pesanteur, une contrainte financière froidement banalisée.

Pour eux, le salaire pèse peu ; pour nous, il reste la condition de notre subsistance. Pour nous, il est la condition de notre nourriture et de notre repos, pour eux, il est un handicap potentiel pour leurs bénéfices et leurs parts de marché.

Quelle vie voulons-nous ? Si nous espérons préparer une lutte finale pour un autre futur, il est indispensable de prendre au préalable le temps de regarder, d'analyser ce monde que l'on nous impose. Comprendre le salariat, servitude volontaire des temps modernes, est une première condition pour construire une véritable alternative.

L'évolution de la productivité s'est accompagnée de mutations socioprofessionnelles. Des anciens métiers ont disparu, d'autres apparaissent, ce qui est logique.

Mais, si les emplois sont différents, cela correspond aussi à une tendance à la marchandisation : des sphères d'activités humaines qui échappaient autrefois aux phénomènes des marchés et des prix et où prédominaient gratuité et bénévolat rentrent dans le circuit économique. Ainsi, la culture, le sport ou le syndicalisme institutionnel et les associations de- viennent des "gisements d'emploi" à part entière.

D'autres secteurs dont le développement accompagne le système, comme la "sécurité" ou le tourisme sexuel, brassent des chiffres d'affaire de plus en plus importants. Ce système continue donc de créer, voire d'inventer, des emplois ; cela nourrit le mécanisme de la création de marchés internes qui ouvre le champ de la consommation en échange de ces emplois. Cela évite une trop grande contraction de la demande, qui, si elle restait basée sur les revenus salariaux issus de la production de biens matériels, serait trop faible pour une offre de plus en plus massive.

Cette évolution préserve, tant que faire se peut les principales caractéristiques de notre mode le production ; à savoir que l'individu reste l'outil d'un développement économique qu'il ne choisit pas. Quels que soient les termes employés par les sociologues (travail, emploi, entreprise individuelle...), le lien social qui relie l'individu au système va conserver les principales caractéristiques du salariat.

Caractéristiques du salariat

Le salariat ne se définit pas par l'existence d'une feuille de salaire. C'est avant tout un contrat qui lie le salarié à son patron. La jurisprudence le désigne comme "une convention par laquelle une personne s'engage à mettre son activité à la disposition d'une autre, sous la subordination de laquelle elle se place, moyennant une rémunération".

Il existe donc bien deux parties qui vont rassembler deux groupes sociaux bien distincts par rapport à ce contrat :-  Le premier groupe peut octroyer du travail et un revenu. Ce groupe détient les moyens de production (technologie...), de distribution (infrastructures économiques, transports...) et d'échange (création de masses monétaires...).-  Le deuxième groupe rassemble ceux qui n'ont que leur temps ou leur travail à échanger.

II est clair que le premier est dominant sur le deuxième. Les deux groupes sont mis en rapport par un lien économique de domination. Mais ce lien va dépasser le champ économique pour s'exercer au niveau idéologique par des tendances qui vont faire pression sur la société. L'ensemble de ces tendances détermine une idéologie. Cette idéologie obéit actuellement à la logique économique du profit maximum. Cette idéologie dominante est l'idéologie de la soumission. Elle permet le développement actuel du capitalisme, c'est-à-dire l'accumulation de biens et de richesses au profit du groupe dominant. Elle caractérise un mode de production.

Dans ce mode de production, le salariat n'est qu'une convention permettant de déterminer le rapport de production, c'est-à-dire, la part effective de la production qui va revenir au groupe dominé.

Le salariat présente trois piliers sur lesquels s'appuie ce mode de production :

- subordination économique (lien salarial),

- hiérarchies salariales,

- individualisation du contrat de travail : existence de "catégories" différentes, avec des statuts différents (grille des fonctionnaires...), évoluant vers le contrat individuel.

Le rapport des forces entre les deux groupes va modifier quantitativement ces trois piliers. Mais, s'il ne remet par leur existence en cause, ils feront toujours pencher la balance, à la moindre inattention, du côté dominant.

Soumission & flexibilité

Les trois piliers sur lesquels s'est bâti le salariat sont aussi des tendances de l'organisation sociale. A l'échelle de la société, elles s'expriment de la manière suivante :

- dépendance économique (que l'on songe à la situation du RMIste par exemple),

- obéissance sociale (par exemple, pouvoir de la mode sur les enfants...),

- isolement psychologique (déstructuration des individus...).

Cet ensemble de tendances est véhiculé par des vecteurs qui sont les médias, l'éducation nationale... qui reproduisent ces schémas et les favorisent. Ces tendances apparaissent alors comme "normales" aux populations qui vivent suivant des normes imposées par ces trois piliers.

La résultante à tous les niveaux de ces tendances, c'est la soumission comme lien dans l'entreprise et dans la société.

La flexibilité, conséquence de cette soumission (interne à l'entreprise ou externe à celle-ci) est un aménagement du rapport de production, soit, au niveau interne une tendance à l'individualisation du contrat de travail, soit, au niveau externe, une tendance à l'individualisation des conditions de vie (travail, pas travail par épisodes, par tranches de vie...).

Si au coeur du problème du travail il y a l'emploi, c'est parce que le revenu, la condition d'existence de l'individu en dépendent. Si au cœur du problème de l'emploi il y a le salariat, c'est parce que dans celui-ci, il y a le cadre idéologique dans lequel évolue le rapport de production (subordination, hiérarchie, individualisation....).

C'est la conjugaison de ces facteurs qui permet au système d'imposer 'la flexibilité qui est un aménagement du rapport de production en faveur du mode de production. La flexibilité est donc inscrite dans le salariat.

source: CNT-AIT

Frigo solaire

Ca marche plutôt en été* car il faut avant tout du soleil (ça marche moins bien quand y’a des nuages ou que le ciel est ‘blanc’). Il faut aussi une humidité constante et de l’air… Le frigo solaire, c’est une solution autonomisante afin de se dégager progressivement de cette saloperie de nucléaire, sans parler du fréon et autres saleté technologique se trouvent à l’intérieur des frigos conventionnels. Alors, mettons-nous y... yo !

Au final, le frigo ressemblera à un gros cube de 1 à 2 m de côtés. Sans trop se prendre la tête, les dimensions dépendront surtout des matériaux utilisés. Commencer par creuser un trou de 50/60 cm de profondeur au nord d’un buisson bien dense et si possible à un endroit qui n’est pas abrité du vent (car il faut de l’air, sinon ça ne marche pas). Aplatir le sol et y disposer des palettes pour faire un plancher. Ensuite, disposer des bacs d’eau entre les lattes des palettes - donc légèrement en dessous du niveau du plancher (mais oui, il faut de l’eau !). Ravitailler régulièrement les bacs en eau, surtout si ça tape (un système de récup’ des eaux de pluie à proximité du frigo évite les nombreux déplacements). Toujours avec de la palette ou bien des branches de noisetiers ou que sais-je encore…, dresser les quatre côtés du frigo/cube en ménageant une ouverture du côté Nord (là où il fait le plus frais) puis y suspendre des draps bien épais qu’il convient de maintenir toujours humides (ben oui, faut de l’eau !). S’il y a beaucoup de soleil (et il en faut, sinon…), arroser les tissus plusieurs fois par jour, sinon c’est la cata. Ne pas hésiter à entailler les draps au cutter à 2/3 endroits d’où vient le vent (euh, faut de l’air!). Quant au toit, il peut être réalisé avec des bottes de paille, ça a son charme ! Voilà pour la construction. Il ne reste plus qu’à disposer des glacières (ou des bac en plastique de récup’ ou ce que vous voulez!) à l’intérieur de ce magnifique frigo solaire, puis attendre quelques heures que le processus ‘soleil + eau + air’ produise son effet – c’est-à-dire du froid, et vos plaquettes de margarine véganne se liquéfiant au soleil après le ptit dèj’ pris en terrasse redurciront tranquillement;) Amusez-vous bien !!

Raynow

* - Avons-nous vraiment besoin d’un frigo en hiver ?

L’Etat grappille sur les familles

Allocations. Le 1er mai, les prestations familiales pour le deuxième enfant seront réduites.

C’est une mesure passée quasiment inaperçue mais qui risque bien d’entamer à son tour le pouvoir d’achat déjà mal en point des Français. A compter du 1er mai, les familles toucheront moins d’allocations pour leurs enfants adolescents. Jusqu’à présent, le système des allocations voulait que les familles d’au moins deux enfants touchent plus au moment de l’entrée dans l’adolescence de leurs enfants. L’augmentation fonctionne en deux temps : une première majoration de près de 34 euros par mois quand le cadet atteint l’âge de 11 ans, puis la majoration passe à 60 euros entre 16 et 20 ans. Un bonus bienvenu pour les parents dont les ados mangent comme quatre, sont hors forfait pour leur portable et se ruinent en vêtements. Mais, rigueur budgétaire oblige, ce coup de pouce est revu à la baisse.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, promulguée en décembre, prévoit non plus deux mais une seule majoration. Elle sera fixée d’entrée de jeu à 60 euros mais prendra effet à partir de 14 ans et non plus 11 ans. Les familles avec un enfant ayant actuellement entre 11 et 16 ans continueront à percevoir la majoration «ancien système». La règle consistant à ne pas verser de majoration pour l’aîné d’une famille de deux enfants est également maintenue. «Les études montrent depuis plusieurs années que le coût d’entretien de l’enfant augmente à partir de 14 ans», justifiait le projet de loi. Reste que pour les familles le calcul est vite fait. Au final, le manque à gagner pour des parents dont le deuxième enfant aura 11 ans après le 1er mai ne sera pas négligeable : 587 euros entre la onzième et la vingtième année. Soit, espère le gouvernement, 80 millions d’euros d’économies pour la branche famille de la sécurité sociale dès 2008. La Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), dont les administrateurs, consultés pour avis en février, avaient «désapprouvé à une très large majorité» cette «majoration unique qui s’exercera au détriment des familles», estime à 138 millions d’euros les économies réalisées à l’horizon 2013. «L’application de cette mesure est incompatible avec une politique familiale dynamique, volontaire et concertée», dénonçait la Cnaf. François Fondard, le président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), se dit «totalement opposé» à cette mesure qui «entraîne une perte sèche de 406 euros par an pour les familles qui perdent trois années de majoration entre 11 et 14 ans. […] Une fois de plus, on touche aux prestations et à la politique familiale». Même discours à la CFE-CGC, où l’on dénonce «un recul des prestations familiales, déjà insuffisantes», et «une atteinte au pouvoir d’achat des familles» ; ou à la CGT, qui parle d’une «mesure scandaleuse».

Condition. Après la revalorisation de 1 % des prestations familiales le 1er janvier, jugée largement insuffisante par les associations, et la remise en cause - abandonnée - de la carte familles nombreuses SNCF, le tour de vis commence à être rude pour les familles. Et ce n’est peut-être pas fini : l’allocation de rentrée scolaire (272 euros en 2007 pour les enfants de 6 à 16 ans), attribuée sous condition de ressources, doit être modulée en fonction de l’âge de l’enfant à la rentrée 2008, selon des montants qui ne sont pas encore déterminés.

source libé

la scientologie peut tuer ! ! !

Elle se suicide après avoir passé un test de la Scientologie

Par La rédaction du Post , le 17/04/2008

Cette étudiante norvégienne de Nice n'était pas dépressive, selon ses proches.

Kaja Gunnar Ballo, une étudiante norvégienne, s'est suicidée à Nice après avoir passé un test de la Scientologie.

Une jeune femme de 20 ans, Norvégienne étudiante à la fac de Nice (Alpes-Maritimes), s'est suicidée le 28 mars dernier, en sautant par la fenêtre du 3ème étage de la cité universitaire dans laquelle elle habitait.

Dans sa chambre, on a retrouvé les résultats d'un test psychologique de l'Eglise de scientologie. "Déséquilibrée, renfermée et destabilisée", concluait l'analyse, selon RMC. Un verdict qui a peut-être joué un rôle dans son suicide. Une enquête judiciaire a été ouverte.

Dans des déclarations au quotidien Nice-Matin à paraître jeudi, le père de la jeune femme, Olav Gunnar Ballo, parlementaire norvégien, estime que les résultats du test ont eu un impact "dévastateur" sur le moral de sa fille, "qui n'était pas suicidaire et était heureuse de vivre".

"C'est offensant de blâmer l'Eglise des échecs récurrents sur cette personne de la psychiatrie. Le suicide est la 2e cause de mortalité chez les jeunes après les accidents de la route. Qui peut prétendre savoir ce qui a provoqué ce suicide ? En aucun cas, ce test n'a pu le provoquer", a répondu Agnès Bron, du bureau des relations publiques de la Scientologie contactée par Le Post.

Plusieurs journalistes norvégiens sont arrivés à Nice pour enquêter sur cette affaire qui défraye la chronique en Norvège.

(Sources : AFP, RMC, Nice Matin)

http://www.lepost.fr/article/2008/04/17/1182207_elle-se-suicide-apres-avoir-passe-un-test-de-la-scientologie.html

Scientologie : "Ils veulent trouver la ruine dans votre vie"

Par La rédaction du Post , le 17/04/2008

Une étudiante s'est suicidée alors qu'elle venait de passer un test de l'Eglise. Un ancien adepte a raconté au Post les coulisses des tests.

Les "tests de personnalité" sont utilisés pour prendre contact avec des recrues potentielles par la Scientologie.

Une jeune femme s'est suicidée en se jetant du 3e étage de l'immeuble àù elle habitait. Cette Norvégienne de 20 ans étudiait à Nice. Ses proches la disaient équilibrée et heureuse de vivre. Mais elle venait de passer un test de la Scientologie. Pour ses parents, le lien est évident.

Comment se déroulent ces tests ? Roger Gonnet a fait partie de la Scientologie entre 1974 et 1983. Pendant cette période, il a monté un centre à Lyon. Pour "embrigader" des gens, il leur faisait passer des tests. En juillet dernier, il a raconté au Post ces méthodes un peu particulières. Extraits.

"Les tests de personnalité sont complètement truqués. Les 200 questions sont toujours les mêmes pour tout le monde. Et quelles que soient les réponses, les résultats sont également toujours les mêmes ! ! En fait, les scientologues interprètent tout à leur manière."

"Ils trafiquent de manière mécanique les résultats pour vous faire croire que tout va mal dans votre vie. Et ça peut aller très loin. Ils veulent trouver la "ruine" dans votre vie, votre problème. C'est assez simple puisque tout le monde a des soucis. Mais ensuite, ils vous font croire que votre vie est foutue, que vous ne vous en sortirez pas.

"Pour faire passer ces tests, j'ai suivi une formation avec des testeurs qui m'ont appris leurs 'astuces'. J'ai également reçu un manuel d'une centaine de pages qui explique comment tester les personnes. (...)

"Souvent, on a des réponses toutes faites, qui font mouche à tous les coups. A quelqu'un qui répondait qu'il se disputait souvent avec sa femme, je répondais : 'Vous êtes très critique', 'vous avez du mal à parler aux autres' et je lui conseillais de participer à des stages de communication. Un premier pas dans la secte !"

Contactée par Le Post, une responsable des relations publiques de la Scientologie répond :

"'En ruine' ? Ca n'engage que lui. Il ne respectait pas les écrits du fondateur. Vous ne pouvez pas faire dire à un test ce que vous voulez. Ou alors s'il le faisait, c'est qu'il n'était pas correct."

http://www.lepost.fr/article/2008/04/17/1182429_j-ai-fait-passer-des-tests-pour-la-scientologie.html

sur le fameux " test de personnalité" de la scientologie, lire :

LE TEST DE PERSONNALITÉ

Un test qui insulte l'intelligence

source : http://www.alterpsy.org/as/testp.php

Un questionnaire en 200 points sur votre relation aux autres, vos tics et manies, etc (voir ci-contre). Le test de personnalité des scientologues, pompeusement nommé "Oxford Capacity Analysis" (OCA), est souvent l'occasion d'un tout premier contact avec la Scientologie.

Examiné de près, il révèle beaucoup de choses sur les méthode de manipulation des scientologues.

D'une part, les questions posées permettent réellement, si on y répond sincèrement, de cerner le type de personnalité d'un individu, de savoir à quoi il est sensible, s'il est possible de l'endoctriner, et comment.

D'autre part, les résultats communiqués à la personne testée sont une véritable insulte au bon sens. Elle se voit remettre un graphique (voir au bas de cette page) où dix aspects de sa personnalité sont jugés de manière totalement arbitraire. Le test est censé vous dire si vous allez "bien" ou "mal". L'agressivité est considérée comme "positive", l'inhibition étant "négative"...

Comme l'on pourrait s'en douter, la grande majorité des personnes testées verront apparaître des valeurs "négatives" sur le graphique. Une personne peu sûre d'elle-même aura l'impression de voir confirmée, de manière "scientifique", sa mauvaise estime d'elle-même. Et mordra peut-être à l'hameçon. Les Scientologues lui vendront des cours (au cours desquels elle devra répondre à d'autres questionnaires, et répondre à des questions plus précises sur sa vie privée). La personne peut également se voir proposer des "auditions", une "thérapie" consistant en des interrogatoires censés identifier la source des troubles que le test est censé avoir identifiés.

Des critiques de la scientologie ont découvert quelles sont, selon les scientologues, les "meilleures réponses" possibles aux 200 questions du test (Voir le bas de la page). À noter qu'il n'y a qu'une seule question dont la réponse optimale soit "je ne sais pas, parfois oui, parfois non". Les scientologues ne croient pas en la modération.

Si vous aimez feuilleter "des indicateurs de chemin de fer, des annuaires ou des dictionnaires, rien que pour le plaisir", c'est "bien". Il faut donc répondre "oui" pour être bien noté.

Si vous avez "l'intention de n'avoir que deux enfants ou moins dans votre famille, même si votre santé et vos revenus vous permettront d'en avoir davantage", c'est considéré comme négatif. Il faut répondre "non" pour être jugé favorablement.

La manière dont les Scientologues nous jugent est plutôt déroutante. Et, surtout, extraordinairement stupide.

pour lire une analyse critique détaillée du test de la scientologie

voir la suite de l'article : http://www.anti-scientologie.ch/test-OCA.htm

posté par ahad haam

source: indymédia paris idf

Appel aux lycéens et aux étudiants

Si aujourd'hui nous lançons cet appel, c'est d'abord sur la base d'un constat, qui n'est pas excessif dans la situation actuelle : le gouvernement actuel a déclaré la guerre à la jeunesse. Et, plus largement, le gouvernement a déclaré la guerre sociale. Vous êtes surement nombreux à savoir que les lycéens parisiens, depuis bientôt 2 mois, sont mobilisés contre des mesures qui nous concernent tous. Le Comité de Mobilisation des lycées de Cannes, qui existe maintenant depuis plus d'1 mois et lutte avec acharnement depuis, appelle tous les lycéens et les étudiants de France à la mobilisation générale pour défendre l'éducation et la jeunesse :

 Contre les suppressions de postes (11000 l'an prochain, 80000 d'ici 2012).
 Contre la loi Pécresse d'autonomie des universités (loi LRU).
 Contre la réforme du bac pro (bac pro en 3 ans).
 Contre toute idée d'un bac unique et pour la conservation des options artistiques.
 Contre la répression policière qui frappe l'ensemble de la jeunesse.
 Pour de véritables libertés politiques dans nos lycées.

Ces mesures, qui nous concernent directement, font parties d'une politique dévastatrice et dangereuse, qui vise à stigmatiser la jeunesse, les fonctionnaires, les ouvriers, les chômeurs, les immigrés, les retraités...bref, la majorité des français. Les seuls catégories épargnées par le gouvernement sont, étrangement, le patronat et les catégories les plus aisées. Nous appelons, dès la semaine de rentrée et dans les semaines à venir, les lycéens et les étudiants à s'organiser et à combattre : nous devons être l'avant-garde d'un peuple en colère. Nous appelons à l'organisation d'Assemblées Générales dans les lycées et les universités afin de voter grèves et blocages. Nous appelons à l'organisation de manifestations dans toutes les villes de France, les jours de mobilisation nationale. Nous appelons à la convergence des luttes, dans une perspective d'union dans la lutte. Dès le lundi 21 avril, les lycéens cannois mais aussi niçois seront en lutte pour leurs droits, et pour la conquête d'autres droits contre le gouvernement et le président de la république. Lycéens, étudiants : rejoignez dès à présent notre combat, que mai soit le mois de l'unification des rancœurs et des espoirs au sein d'un grand printemps étudiant et lycéen.


Enfin, salariés, fonctionnaires, chômeurs, sans-papiers, SDF, militants : nous vous appelons à rejoindre une lutte légitime qui va au-delà de l'éducation, mais qui concerne la société toute entière. Ce gouvernement vous déclare la guerre. Qu'attendez-vous pour répliquer à votre tour ? Le Comité de Mobilisation se déclare favorable à une convergence des luttes, à l'élargissement des revendications permanent vers la grève générale, afin de provoquer un rapport de force suffisant face au gouvernement. http://cm.xooit.com

source: indymédia paris IDF

Liberation de Esraa' Abdel Fatah !

Le parti du travail egyptien appelle a la liberation de la jeune fille Esra' Abdel Fatah dans les 24h et au 'lancement de l'intifada si un seul de ses cheveux a ete touche par la police egyptienne', l'appel precise egalement qu'une reaction sera immediate si 'son honneur a été entaché'. Les autorites egyptiennes sont bien connu pour leurs violation des droits de l'homme, de par leurs actes de tortures, d'emprisonnements et arrestations arbitraires.

Esra' (27 ans) animatrice d'un site sur Facebook qui a rassemble 100.000 adherents pendant la greve du 6 avril des ouvriers egyptiens de Mahalla, a ete arretee par le ministere de l'Interieur de maniere 'illimitee'.

Nous sommes sans nouvelles d'elle depuis plusieurs jours, les autorites dictatoriales egyptienne n'ont pas transmis d'informations sur le lieu où elle est incarceré.

Je rappelle le rassemblement de lundi devant l'ambassade egyptienne

En solidarité avec la lutte des travailleurs égyptiens et pour la liberation d'Esraa et tout les autres

RASSEMBLEMENT LUNDI 21 AVRIL A 18H30 Ambassade d'Egypte à Paris 56 avenue d'Iéna, 75016, métro Iéna http://www.ism-france.org/news/article.php?id=8757&type=temoignage&lesujet=Poursuites%20judiciaires

Esraa a disparu ! 17 avril 2008

Après avoir passé deux jours dans le bureau de Procureur de la Sûreté de l'État à Qualyoubia, à attendre que les procédures de routine pour sa libération soient terminées, Esraa a été portée disparue.

Son avocat, M. Amir Salem, qui était avec elle lorsqu'elle a quitté la prison, a indiqué qu'elle avait disparu depuis hier après-midi le 16 avril.

Dans un régime autocratique, les gens sont enlevés, leurs vies n'ont aucune valeur !

Nouvelles des militants égyptiens arrêtés le 6 avril et les jours suivants Ahmed Milad le Vice-président d'El Ghad (Le parti Politique) a été libéré à ElBeheyra il en est de même pour Ayman ElHoufy. Alors qu'hier Taher Abou Shara a été arrêté.

Quant à Ahmed Eraqi et Kotb Hassanein, ils sont toujours dans Camp de Sécurité National à Koum El Dekka.

Nous avons été informés qu'Esraa n'aurait toujours pas été relâchée, elle serait en ce moment détenue au Bureau de Sécurité d'Etat (National) à Qualyoubia. L'information est à prendre au conditionnel car elle n'a toujours pas été confirmée.

source: indymédia paris IDF

Rassemblement dimanche 20 avril à 18h. devant le CRA de Marseille.

En solidarité avec les sans-papiers du CRA de Marseille qui veulent que la préfecture sache " qu'ils sont en grève de la faim pour pour que leur droit à un procès équitable soit entendu et qu'ils soient remis en liberté".

Rassemblement dimanche 20 avril à 18h. devant le CRA du Canet.

Les sans-papiers sont en lutte, continuons à les soutenir.

Entre 80 et cent personnes se sont rassemblées une nouvelle fois aujourd'hui samedi 19 avril devant le Camp de rétention de Marseille pour témoigner leur solidarité aux sans-papiers en grève de la faim pour leur libération. Nous avons chanté, casserolé, crié des slogans dont

 "Tribunal illégal, libérez les sans-papiers"
 "Solidarité avec les sans-papiers"

Les sans-papiers ont été enfermés dans leur chambre dès 17h45 et n'ont pas pu sortir comme hier soir se rassembler dans la cour. Mais ils nous ont entendu, et répondu comme ils pouvaient.

A la suite de la décision de la Cour de Cassation déclarant illégales les audiences de justice à l'intérieur des centres de rétention, une quarantaine de détenus du centre du Canet ont commencé jeudi soir une grève de la faim. Les tribunaux dans les centres de rétention sont illégaux ; le jugement qui les maintient en rétention l'est donc lui aussi.

Libérez les sans-papiers . Régularisation.

source; indymédia paris IDF

L'A.B.C libertaire par Jules Lermina

Au lecteur,

Les idées libertaires sont peu connues ou faussées à dessein par ceux contre lesquels nous luttons et dont l'égoïste intérêt maintient l'erreur et l'ignorance au prix des pires mensonges.

La série des publications que nous commençons aujourd'hui à l'aide des camarades qui trouvent tout naturel d'exprimer ce qui leur semble juste et vrai est un complément à l'œuvre que nous avons commencée à Aiglemont.

Nous estimons que la diffusion des principes anarchistes, que le libre examen et la juste critique de ce qui est autour de nous ne peuvent que favoriser le développement intégral de ceux qui nous liront.

Montrer combien l'autorité est irrationnelle et immorale, la combattre sous toutes ses formes, lutter contre les préjugés, faire penser. Permettre aux hommes de s'affranchir d'eux-mêmes d'abord, des autres ensuite ; faire que ceux qui s'ignorent naissent à nouveau, préparer pour tous ce qui est déjà possible pour les quelques-uns que nous sommes, une société harmonieuse d'hommes conscients, prélude d'un monde de liberté et d'amour.

Voilà notre œuvre ; elle sera l'œuvre de tous si tous veulent, animés de l'esprit de vérité et de justice, marcher à la conquête d'un meilleur devenir.

LA COLONIE D'AIGLEMONT.

(Manque une page)

[...] possibilité du bonheur ! A quel titre se permet-il de réprouver la lutte féroce des hommes les uns contre les autres ? Le bien est une utopie, il n'est de réalité que le mal et le devoir de tout être raisonnable est d'aggraver le mal en livrant tous les biens terrestres à la concurrence, à la bataille, et en appelant à son aide la brutalité de la mort.

Non seulement celui qui veut l'humanité heureuse est taxé de folie, mais bien vite on le qualifie de criminel, d'être essentiellement dangereux, on le poursuit, on le traque et, si l'on peut, on le tue.

Donc, mon jeune Camarade, commence par t'interroger, demande-toi si tu te sens prêt à subir toutes les avanies, toutes les persécutions, sans te décourager et sans reculer.

Sache bien que pour vouloir le bonheur d'autrui, tu seras traité en ennemi, en paria, tu seras mis au ban de toutes les civilisations, tu seras chassé de frontière en frontière jusqu'au moment où des exaspérés t'abattront comme bête puante.

Si au contraire tu suis les errements ordinaires, si, t'emparant de toutes les armes matérielles et immorales que la civilisation a forgées, tu te jettes résolument dans la vie dite normale, si tu essaies d'écraser les autres pour te faire un piédestal de leurs corps, si tu parviens à ruiner, à affamer le plus d'êtres humains possibles pour te constituer de leurs dépouilles une fortune opulente, si tu prends pour objectif glorieux la guerre des hommes contre les hommes, si tu rêves victoire, gloire et domination, si tu rejettes tout scrupule, tout enseignement de conscience, si tu pars de ce principe : «Chacun pour soi !» et que tu le développes jusqu'à parfaites conclusions...

Alors tu deviendras riche - en face de la misère des autres - puissant par l'abaissement et l'humiliation de tes congénères, tu jouiras de leurs souffrances et vivras de leur mort, tu collectionneras les titres, les privilèges, tu te chamarreras de décorations et tes complices te feront de splendides funérailles...

Seulement tu seras un égoïste, un méchant, un véritable criminel...

Justement le contraire de ce qu'est et ce que doit être un libertaire.

Car le libertaire est un juste, c'est-à-dire un homme qui est au-dessus et en dehors de la Société, qui ne se paie pas de mots mensongers d'honneur et de vertu, banalités qu'inventèrent les civilisés pour dissimuler leurs tares et leurs vices, qui renie tous les faux enseignements des philosophes menteurs et des théoriciens hypocrites, qui n'accepte aucun compromis, aucun marché, aucune concession, qui en un mot veut la justice, la seule justice, pour lui-même et pour tous, contre tous et contre lui-même.

Défie-toi de toi-même, Camarade. Voici pourquoi.

Tu es venu sur cette terre avec les instincts de l'animalité dont tu procèdes ; tu descends d'êtres brutaux, ignorants, violents et ton atavisme est fait de brutalité.

Chez ceux qui se croient les meilleurs, le fonds est mauvais, d'abord parce que l'homme est un animal en voie de perfectionnement, mais non point parfait, mais encore et surtout parce que, dès ta naissance, tu as respiré l'air empoisonné des civilisation, que tes yeux à peine ouverts ont vu le mal, que tes oreilles ont entendu l'injustice et que, malgré toi, et sans que, jusqu'ici, on puisse te déclarer tout à fait responsable, tu es pénétré des vices sociaux, jusqu'au fond de tes moelles.

On ne naît pas, on se fait libertaire.

Ne pas croire que ce soit facile, ce travail de régénération personnelle. On ne s'élève pas à la notion de justice par une sorte d'inspiration miraculeuse, par une révélation d'en haut.

C'est par un effort constant, par une critique personnelle de soi-même, par un examen toujours plus attentif des faits ambiants que peu à peu on parvient à se débarrasser de la gangue de préjugés et de mensonges formée par l'alluvion des siècles.

Un jour vient alors où soudain jaillit devant les yeux la lueur directrice.

Remarque bien ceci, Camarade, tu ne seras dans la bonne voie que lorsque tu verras ta conscience. Cherche-la, trouve-la, ne te contente pas d'un à peu près et alors même qu'elle te paraîtra pure et juste, aie le courage de l'étudier toujours de plus près ; et tu constateras qu'il est encore bien des défauts à corriger, bien des fanges à nettoyer.

Débarrasse-toi de l'égoïsme.

Certes il est bon de se sentir heureux, il est bon de jouir de la vie.

Mais aie toujours présente à l'esprit cette vérité que nul ne peut être complètement heureux tant qu'il existe un seul être malheureux.

C'est là un de ces préceptes qui provoquent les haussements d'épaules des philosophes sociaux : il semble que le bonheur individuel suffise à satisfaire toutes les aspiration humaines. Meurent les autres, pourvu que je vive.

Ce raisonnement est à la fois inique et absurde.

Le malheur des uns constitue toujours un danger et une menace pour les autres ; une situation déséquilibrée est génératrice de réaction et l'être le plus profondément, le plus insolemment égoïste doit compter avec les revanches possibles et les retours offensifs des déshérités.

D'où une perpétuelle inquiétude, une sensation d'instabilité qui gâte la jouissance...

Sans parler du sentiment de compassion - dont on cherche à se défendre par la charité - mais qui subsiste au fond des consciences les plus fermées en apparence aux émotions généreuses.

En réalité, dans l'état social actuel, nul ne peut, en parfaite sincérité, se tenir pour sûr du lendemain ; la lutte quotidienne produit de terribles jeux de bascule et les plus hauts placés sont à la merci des chutes les plus profondes.

Le libertaire veut un état social où l'envie, la jalousie, les pensées de reprise n'aient plus de place, c'est-à-dire où tous, vivant dans la plénitude de leur liberté, dans l'épanouissement total de leurs facultés, dans la satisfaction intégrale de leurs besoins, n'aient plus à se disputer les uns aux autres les moyens de vivre.

Ceci, cher Camarade, est l'antithèse absolue des doctrines autoritaires et religieuses.

L'autorité n'est établie que pour sauvegarder, défendre et perpétuer les inégalités sociales ; la législation propriétaire, l'armée, la police, la magistrature, les codes et les règlements n'ont été institués que pour cautionner l'état de déséquilibre qui a été imposé aux hommes par la Société, pour enchaîner la liberté des uns au profit de celle des autres,