On voit ces derniers temps de plus en plus "d'article"-on devrait plutôt dire torchon- sur une prétendu menace anarchiste terroriste.
Voici le dernier d'entre-eux:
"Violences et tentatives d'attentat se multiplient contre les
bâtiments publics. Leurs auteurs sont souvent de très jeunes militants
autonomes qui haïssent l'Etat et le capitalisme, et jugent l'extrême
gauche « embourgeoisée ». Les Renseignements généraux les surveillent
de près. Etat d'une menace qui progresse... et inquiète.
Elles ont tout juste 20 ans, lui à peine plus. Familiers des squats
de Toulouse où se croisent jeunes paumés, SDF à la dérive et militants
anarchistes et autonomes, les deux jeunes filles et leur compagnon ont
été interpellés par la police un matin de janvier, après des semaines
d'enquête et de surveillance. L'attentat à la voiture piégée, qu'ils
avaient fomenté à Rennes quelques jours plus tôt, avait heureusement
échoué : les trois bouteilles de gaz cachées dans une voiture garée
devant le siège de la Direction régionale des douanes n'avaient pas
explosé. Mais le petit carnet noir retrouvé sur l'un des membres de ce
commando attestait sa marche vers la violence : les policiers y ont
retrouvé des repérages pour la préparation de vols à main armée dans la
capitale bretonne et le mode d'emploi nécessaire à la fabrication
d'explosifs.
L'exemple n'est pas isolé : depuis deux ans, les Renseignements
généraux disent avoir observé une recrudescence de telles formes
d'engagement, à la confluence de l'action politique et du terrorisme.
Profil type de ces nouveaux combattants de l'« ultragauche » : de très
jeunes gens issus de la mouvance anarchiste ou libertaire et de
l'extrême gauche la plus radicale, engagés dans le refus de l'Etat, du
capitalisme et de la mondialisation, qui vivent et se déplacent en
petits groupes, ne travaillent pas et sont à la recherche de toutes
formes de contestation radicale. A la demande de Michèle Alliot-Marie,
un vaste recensement national des actes et des groupes en relation avec
cette mouvance est en cours.
Un récent rapport de la Direction centrale des RG, classé
confidentiel et remis à la ministre de l'Intérieur, estime le nombre de
ces militants « entre un et deux milliers » dans l'ensemble de la
France et signale l'existence de « quelques centaines d'éléments
radicaux » -que la hiérarchie policière estime « aux alentours de
300 ». Leurs terrains privilégiés sont situés à Toulouse, Montpellier,
Nantes, Rennes, Grenoble, Lyon et dans la région parisienne. On les
retrouve dans les grandes manifestations politiques comme les défilés
contre le contrat première embauche (CPE) en 2006 et la réforme des
retraites en 2007, où ils se joignent souvent aux « casseurs ». On les
remarque aussi dans les rassemblements de soutien aux sans-papiers ou
les protestations contre les expulsions. Les cortèges de militants
altermondialistes à l'occasion des sommets du G8 constituent pour eux
des points de ralliement obligés. Leurs retrouvailles avec leurs
homologues européens y suscitent des déchaînements de violence -comme à
Gênes, en 2001, où les carabiniers s'étaient laissé entraîner dans une
sanglante bataille rangée.
Mais, si leur vigueur et leur résistance surprennent dans les
bagarres avec les forces de l'ordre, ils n'ont pas le profil des
skinheads et autres brutes de l'extrême droite fascisante. « Ils ne
constituent pas une organisation structurée, mais ils ont une culture
politique et une formation idéologique bien supérieures, explique un
dirigeant policier. Et ils maîtrisent les techniques de la guérilla
urbaine, ce qui les rend redoutables. » Ils lisent la presse (même
s'ils dénoncent sa « soumission au capitalisme »), communiquent via
Internet, animent parfois des sites Web dont l'objet apparent est le
soutien aux prisonniers ou aux immigrés. Ils rêvent de grèves générales
et leur référence continue d'être Action directe, qui enchaîna hold-up,
attentats et assassinats dans les années 80. D'où la crainte policière
de voir ces émules passer à l'acte un jour. Signe d'une adulation
jamais démentie : en décembre 2007, un petit groupe de sympathisants
toulousains, le Mix'Art Myrys, organisait une vente de tableaux au
profit d'un comité de soutien aux prisonniers politiques d'Action
directe-Nathalie Ménigon, l'un des pivots d'AD, est en semi-liberté au
centre de détention voisin de Seysses...
Bombes et sabotages
Les RG locaux évoquent parallèlement l'existence, dans
l'agglomération toulousaine, de plusieurs squats politiques de la même
mouvance, dont un, baptisé Le Pavillon sauvage, a investi des bâtiments
militaires. Les registres policiers attribuent aussi à la mouvance
d'ultragauche plusieurs tentatives d'attentat non revendiqués dans la
Ville rose : des jets de cocktails Molotov en série, en avril 2007
(juste avant la visite de Ségolène Royal), contre la Chambre régionale
des comptes, l'ANPE et le Conseil économique et social ; le dépôt d'un
réchaud piégé devant un poste de police le 14 juin suivant ; et même
une bombe artisanale placée au centre de rétention administrative des
Minimes, le 16 octobre, avant la visite annoncée du préfet...
Le 7 mars, d'autres bombes ont été désamorcées devant le centre des
impôts, et une semaine plus tard devant l'entrée de l'immeuble qui
abrite le siège régional du Medef : un flacon isotherme empli de
liquide explosif qui fit long feu, mais qui rappelle-par l'objectif et
la méthode-l'engin retrouvé dans les toilettes d'HEC, à Jouy-en-Josas,
le 23 août 2007, près de l'amphithéâtre où se tenait l'université d'été
du Medef, que devait inaugurer Laurence Parisot et qui attendait la
visite de Nicolas Sarkozy... Les 16 bouteilles pleines d'un mélange
d'essence et de white spirit étaient reliées à un dispositif de mise à
feu équipé d'un minuteur. « Une bombe artisanale mais de bonne
facture », avaient diagnostiqué les experts-qui se déclencha sans
exploser.
Sans atteindre le degré d'organisation ni l'efficacité des
« modèles » d'AD, de telles tentatives devenues courantes font craindre
aux RG « la renaissance d'un terrorisme de nature idéologique » à la
gauche de l'extrême gauche électorale (celle de la LCR et de Lutte
ouvrière), que ces militants autonomes jugent embourgeoisée et vendue
au système. Leurs tracts et leurs slogans n'appellent pas au rejet du
capitalisme mais à sa « destruction » , de même qu'à celle des symboles
de « l'Etat répressif » : prisons, locaux de police ou de justice. Les
spécialistes du ministère de l'Intérieur n'excluent pas que de tels
partisans, électrons libres évoluant à la gauche des syndicats SUD,
soient aussi à l'origine des sabotages de voies ferrées perpétrés au
moment des grèves de la SNCF en 2007.
Le 23 janvier, un jeune couple a été arrêté par des douaniers au
péage autoroutier de Vierzon (Cher). Déjà repérés dans des squats
autonomes de Rennes, Nantes et Montreuil-sous-Bois, ils cachaient dans
leur voiture 1,6 kilo de chlorate de soude et un mode d'emploi en
plusieurs langues pour la fabrication de bombes artisanales à partir de
ce produit. Ils détenaient aussi les plans détaillés du centre de
détention pour mineurs de Porcheville (Yvelines).
L'enquête a révélé un étonnant recoupement : l'ADN de la jeune femme
correspondait à une empreinte relevée sur l'engin explosif trouvé sous
une voiture de police en mai 2007, aux abords du commissariat central
du 18e arrondissement de Paris-un attentat revendiqué par... les
indépendantistes corses du FLNC-Union des combattants ! « Les militants
de ces mouvances n'ont rien de commun, mais ils se croisent souvent
dans des foyers ou des lieux réservés aux associations », explique un
responsable policier.
A Fontenay-sous-Bois, le 19 janvier, trois autres de ces « routards
anarcho-autonomes » -selon les RG-avaient été interceptés en possession
de substances explosives et de clous, alors qu'ils se rendaient à une
manifestation sous les murs du centre de rétention administrative de
Vincennes. A Rennes, les enquêteurs ont saisi des tracts détournant de
vieux slogans féministes : « Si je sais faire un gâteau, je sais faire
une bombe. » Dans l'Aude, une note récente relevait la montée des
agitations contre l'usine d'OGM de Monsanto et prévenait : « L'usage
d'explosifs artisanaux n'est plus exclu. » Plus modestement, les RG de
l'Hérault ont signalé les débordements de militants qui appelaient à
« brûler les voitures des bourgeois » et joignaient le geste à la
parole. Loin d'endiguer cette progression, les arrestations de ces
militants alimentent la contestation et renforcent les mouvements qui
la relaient. De nombreux comités de défense se sont créés ces derniers
mois, ainsi que des « caisses de soutien » aux détenus. L'une d'elles,
baptisée Calimero-du nom du poussin noir du dessin animé dont le
leitmotiv est : « C'est trop inzuste » -, appelait récemment à « la
continuité de révoltes qui peuvent être individuelles ou collectives et
prendre diverses formes ». Un site Internet d'ultragauche reproduisait,
il y a quelques jours, la lettre de deux des trois militants
interpellés à Fontenay, écrite de leur prison. « Nous espérons,
concluaient-ils, que nous sommes nombreux à avoir cette rage au coeur
pour tisser les solidarités qui feront les révoltes. » L'un des
internautes a répondu : « Tenez bon. On est avec vous. En pensée et en
action. »
Tour d'Europe de l'ultragauche En Grèce, depuis le
démantèlement (en 2003) du groupe historique du 17-Novembre, à
l'origine d'une cinquantaine d'attentats entre 1975 et 2000, de
nouveaux groupes sont apparus : le principal est EA (Lutte
révolutionnaire), auteur d'une attaque contre le convoi du ministre de
la Culture en 2006 et d'un tir de roquette contre l'ambassade des
Etats-Unis à Athènes. D'autres groupes anarcho-révolutionnaires ont
parfois ciblé des intérêts français-des concessions Renault et Citroën
en 2006-en réplique à des expulsions de squats autonomes dans notre
pays. En Allemagne , de petites cellules révolutionnaires se sont
signalées à Berlin et à Hambourg, ainsi que lors du sommet du G8 à
Heiligendamm, au printemps 2007. Le 2 juin 2007, à Rostock, une troupe
de militants ultraviolents s'est attaquée à coups de cocktails Molotov
et de feux d'artifice aux forces de l'ordre, blessant 433 agents et
policiers. En Espagne, les héritiers des Grapo (Groupes d'appui à la
résistance antifasciste), dont le dernier commando a été arrêté en
janvier 2008 à Barcelone, s'appellent Okupas, actif en Catalogne, et
Antifa, implanté à Madrid ; ces deux mouvements multiplient notamment
provocations et bagarres contre la police locale. En Belgique,
d'ex-membres des anciennes Cellules communistes combattantes ont formé
un Bloc marxiste-léniniste, dont la propagande s'alimente du conflit
nationaliste entre Wallons et Flamands Italie : Les Brigades rouges ne
sont pas mortes Le 2 mai 2003, le contrôle de routine d'un couple dans
un train à proximité de Florence dégénère en fusillade. Un agent et
Mario Galesi, l'homme qui avait ouvert le feu contre les policiers,
périssent. Nadia Desdemona Lioce, la femme du couple, est arrêtée. Les
nouvelles Brigades rouges sont décapitées. Car, vivant en clandestinité
depuis 1995, Nadia Lioce, 45 ans, était devenue la chef des terroristes
se revendiquant des BR. C'est sa cellule qui avait assassiné en mai
1999 l'économiste Massimo D'Antona et en mars 2002, le conseiller du
ministre du Travail Marco Biagi. L'agenda et l'ordinateur de Nadia
conduisent à l'arrestation de ses compagnons d'armes. A l'époque,
l'arrestation de l'intégralité des membres des Brigades rouges-Parti
communiste combattant (BR-PCC) est considérée comme l'éradication des
derniers vestiges des BR. Erreur. En février 2007, un coup de filet
conduit à l'arrestation d'une quinzaine de militants se revendiquant
des nouvelles Brigades rouges. La police découvre une cache d'armes et
des documents qui indiquent la préparation d'attentats contre deux
journaux, Il Corriere della sera et Libero , et contre la villa de
Berlusconi en Sardaigne. La présence de sept syndicalistes sur les
quinze personnes incarcérées est un choc pour l'opinion, car elle
semble indiquer une complicité entre terrorisme et monde syndical,
comme dans les années 70. Les derniers militants arrêtés appartiennent
à une génération spontanée qui n'a pas connu les acteurs des « années
de plomb » et qui a poussé dans les réseaux alternatifs des squats.
Elle réunit altermondialistes, anarchistes et une frange d'écologistes
durs. La police redoute que le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi
ne relance des violences similaires à celles du début des années 2000
commises contre des banques, des tribunaux et des sièges de son parti,
Forza Italia.
Hervé Gattegno, Le Point, pp 38-41, numéro du 1er mai 2008"
-Le chlorate de soude c'est du désherbant, il en faut de grande quantité pour pouvoir faire des explosifs, pour le soit-disant "attentat" du 19 janvier ils allaient apparemment s'en servir pour son fort dégagement de fumée lorsqu'il est enflammé pour se rendre visible des sans-papier enfermés à Vincennes (pour montrer qu'il y avait des gens à l'extérieur solidaire avec les sans-papier)
-Le FLNC est un groupe nationaliste corse rien à voir avec les anarchistes
-Ad trouvait les libertaire et autonomes pas assez radicaux
-Ad était marxistes-léninistes , pas anarchiste
-mix'art myrys n'est pas un groupe de soutient à Ad, il suffit d'aller voir ses partenaires sur son site web, il s'agit juste d'un collectif d'artiste.
-Les CCC étaient des marxistes-léninistes, donc rien à voir avec les anarchistes
-antifa est un groupe antifasciste.
- GRAPO est un groupe terroriste maoiste